Le dernier monument

Avis sur The Irishman

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Casting exceptionnel pour film testamentaire, The Irishman nous rappelle à quel point la carrière de Scorsese est immense.
On ne peut s'empêcher de penser au Once Upon a Time in America de Leone qui travaille les mêmes thématiques et avec le même De Niro en acteur principal.

Dans The Irishman il s'agit donc de retracer la vie d'un homme. Celle de Frank Sheeran (Bob De Niro). Homme à tout faire et tueur à gages travaillant pour le compte de la famille Bufalino durant toute la deuxième partie du XXème siècle.
Depuis sa maison de retraite, Frank Sheeran se remémore sa vie. D'abord vétéran de la seconde guerre mondiale, il officie dans les années 50 en tant que chauffeur de camion avant d'intégrer la pègre de Philly et monter petit à petit les échelons.

En filigrane du portrait de Franck Sheeran, Scorsese dresse également le portrait de son Amérique.
L'Amérique du petit peuple, des travailleurs émigrés et des syndicats.
L'Amérique des gangsters, de la pègre et de la politique véreuse.
Scorsese nous montre encore une fois les coulisses, les ficelles, les arcanes, la face cachée du rêve américain.
Dans cette ultime variation de son travail, Scorsese nous présente le célèbre Jimmy Hoffa (Al Pacino). Dirigeant de l'ultra-puissant syndicat International Brotherhood of Teamsters regroupant plus d'un million d'affiliés et faisant de Hoffa l'un des hommes les plus influents d'Amérique avant de disparaitre mystérieusement dans les années 70.
Via ce personnage le pont est fait entre Franck Sheeran, petit travailleur à la solde d'une pègre locale et les grands personnages de l'histoire américaine récente.
La petite histoire face à la Grande Histoire... La petite histoire dans la Grande Histoire...
Dans la pure tradition du film portraitiste de l'Amérique on croise donc certains grands noms.
Ici se seront les membres de la famille Kennedy ou encore Richard Nixon.

Dans ce qui s'apparente à un chant du cygne, les tonalités sont puissamment nostalgiques.
L'heure est au bilan.
Conscient de son approche, Scorsese n'aurait pas pu choisir meilleur sujet que celui de l'histoire d'un quidam dont le destin s'entremêle à ce point avec celui de l'Amérique du XXème siècle.
Une Amérique que Scorsese filme comme un songe, comme un fantasme. Une Amérique disparue. Une Amérique Scorsesienne.

Des confrontations de destins, des récits de vie (et de mort), des rencontres, des amitiés, des histoires de famille, de la pastèque, la mafia, les syndicats, la politique, l'Amérique, toujours l'Amérique.
Voilà ce que nous raconte Scorsese durant les 3h29 de son immense The Irishman.

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