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The Irishman par David Huriot

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210 minutes où suinte la mort, la mélancolie, la tristesse, la vieillesse jusqu'à une grande solitude, nichée quelque part dans une maison de retraite au fin fond des States. Ou comment résumer mon après-midi devant NetFlix ; il en est ressorti une sensation bizarre, à la fois réconfortante de voir que Martin Scorsese est toujours là, son cinéma toujours présent et hautement qualitatif ; mais on est loin de Casino et des Affranchis, malgré le début du métrage qui semble se diriger vers la vigueur et la narration frénétique des grands magnum opus du rélisateur italo-américain, avec sa voix off et son montage inimitables.
Mais c'est pour mieux tromper le spectateur, et au fur et à mesure des 3h30 de projection (ouais, ça dure 3h30, eh ! ta gueule, j'ai pas gueulé quand le dernier Avengers durait 3 heures, non ?) se pointent une certaine nonchalance, voire une lenteur à laquelle ne nous avait pas habitué le metteur en scène de Raging Bull et Mean Streets. Un rythme lent, qui épouse parfaitement la trajectoire finale de son personnage principal, rongé par la mélancolie et la culpabilité, voyant tous ses anciens partenaires et personnes qu'il a croisés sa vie durant passer l'un après l'autre l'arme à gauche, jusqu'à enterrer son épouse et finir ses jours loin de ses filles, n'adhérant pas à son passé de criminel.
Et c'est alors qu'au son de la chanson des Five Satins, l'on en conclue que Martin nous dit peut-être au revoir, ou à bientôt. A moins que ce ne soit Robert, ou Al, ou Joe, voire même Harvey. Voire même une certaine idée du cinéma, ou de comment doit être conçu le 7ème Art. Sera-t-il possible de faire encore des productions de ce calibre, de ce budget, avec une telle liberté d'action ? En tous cas, je ferai tout pour que dans ma tête, dans ma cinéphilie, la porte ne se referme pas définitivement.

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