God who hears the surges roll, deign to save the suppliant soul.

Avis sur The Lighthouse

Avatar Alfredollieric15
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C’est bon. Je pense que l’on peut désormais écrire noir sur blanc que le cinéma d’horreur a un nouveau visage. Dans la lignée des Get Out de Jordan Peele, Midsommar ou Hereditary de Ari Aster, The Witch du même Robert Eggers, The Lighthouse vient briser les codes classiques du film d’horreur pour offrir au public une œuvre démentielle et suffocante. Finis les slasher des années 1980, les films à esprits des années 2000-2010, les studios A24 proposent des œuvres novatrices où la vision de l’auteur prime.
Pour commencer, The Lighthouse est un film à voir en salle, tant Robert Eggers joue sur les sens pour provoquer l’anxiété et la peur. Ainsi, le format carré du 16mm (super 16 ?) vient renforcer la promiscuité de nos personnages, instaurant un malaise profond. Se succèdent dans ce cadre des images aussi choquantes que pures, relevant de la folie la plus totale. La photographie, digne héritière de celle des films de Murnau, grave dans nos esprits des plans plus démentiels et poétiques les uns que les autres. Le design sonore, alternant entre bruits creux et sourd provenant de la machinerie du phare d’un côté, et bruits stridents de l’autre, plonge le spectateur dans une spirale de sensations plus étranges les unes que les autres.
D’autre part, comme il avait pu le faire par le biais de The Witch, Robert Eggers suggère l’horreur moins par une intrigue maîtrisée que par une ambiance suffocante. Ainsi, une île, un phare, deux personnages, une tempête et une mystérieuse lumière suffiront à combler son envie de dresser des cadres particuliers et oppressants, que les différentes hallucinations de ses protagonistes viendront renforcer. Légendes marines, images obscènes et comédiens maîtrisant entièrement leur sujet (et leur folie) en font un film si particulier que novateur.
Seul bémol, certes léger dans l'entièreté du récit, la scène finale entre Robert Pattinson et la lumière du phare : on eût préféré voir concrètement ce qu’il s’y trouvait ou, a contrario, user du pouvoir de suggestion (cf Rosemary’s Baby) et ne pas l’exposer au public pour lui laisser la possibilité d’être actif.

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