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Stephen Chow est un des piliers de la comédie non-sensique made in Hong-Kong. Il n’y a qu’à voir des films tels que Shaolin Soccer, Kung Fu Hustle, From Beijing with Love, Love on Delivery et tant d’autres cultes pour beaucoup de passionnés de cinéma asiatique. Mais depuis quelques années, il a disparu des écrans, préférant se consacrer uniquement à la réalisation comme avec le très sympathique Journey to the West : Conquering the Demons (2013) dont la suite sort prochainement. Son dernier en date, The Mermaid, fait date dans l’histoire du box office chinois puisqu’en à peine deux semaines, il devient le plus gros succès de l’histoire, dépassant même là-bas le score d’un Deadpool ou du Star Wars VII sorti peu avant, engrangeant la bagatelle de 551M$US juste pour son exploitation en salles. En tant qu’amateur du bonhomme, il était logique que je m’intéresse à cette nouvelle sortie, mais les premières bandes annonces m’avaient laissé quelque peu inquiet et… méfiant. Outre le coté des plus barrés qui lui me plaisait, j’avais très peur de l’aspect comédie sentimentale bon enfant qui en ressortait. Mais mes craintes s’estompent rapidement, et une fois de plus, Stephen Chow fait les choses parfaitement et nous pond un excellent divertissement.

Stephen Chow l’avoue lui-même, il adore les contes de fées et les histoires pour enfants de manière générale, où les méchants sont punis et les gentils gagnent à la fin. Avec The Mermaid, il tente de moderniser La Petite Sirène de Hans Christian Andersen, un conte pour lequel il avoue avoir une certaine fascination depuis sa plus tendre enfance. C’est vrai que ce qui saute aux yeux dès les premières minutes du film, c’est son univers très cartoon, avec ses couleurs vives, ses personnages loufoques, ses gags souvent très visuels, parfois enfantins, avec des acteurs qui en font volontairement des tonnes, sans jamais avoir peur du ridicule, et une musique très présente dont certains passages chantés un peu à la manière d’un Disney (mais avec l’humour de Chow en plus). Oui, The Mermaid aurait pu être un film d’animation sans aucun problème car il en possède bon nombre de codes, jusque dans ses effets spéciaux. Je suis prêt à mettre un billet qu’à la genèse du projet, l’idée de faire un dessin animé a traversé l’esprit de Stephen Chow.

On reconnait très bien la patte du réalisateur, avec ces personnages secondaires complètement barrés participant à des scènes indescriptibles, que ce soit l’homme pieuvre, déguisé en cuisinier, obligé de cuisiner ses propres tentacules sous peine de faire sauter sa couverture, grimaçant de douleur, ou cette fausse sirène en début de film, tout simplement dégueulasse avec ses poils sortant de son slip de bain et ses faux seins sous son bikini. On notera par ailleurs les cameos de deux comparses de ses précédents films, Lam Tse-Chung et Tin Kai-Man, tous deux présents dans Shaolin Soccer et Kung-Fu Hustle, ainsi que du réalisateur Tsui Hark qui a accepté de venir faire le pitre ici avant de signer la réalisation de Journey to the West : Conquering the Demons 2.
On retrouve également la patte de Stephen Chow au niveau des effets spéciaux. Il aime l’image de synthèse, il n’y a qu’à voir ses anciens films pour s’en convaincre (Shaolin Soccer, Kung Fu Hustle, CJ7, et même dans les années 90 avec par exemple 60 Millions Dollar Man). The Mermaid en est farci, aussi bien en ce qui concerne les décors que les personnages et autres effets divers et variés. Forcément, quand on met en scène des sirènes et des hommes poulpes, c’est nettement plus simple. Qu’on se le dise tout de suite, on n’est pas aux States. Même si les Chinois font des progrès de film en film, on reste sincèrement un cran en dessous de ce qu’on peut voir ailleurs. L’ensemble sonne parfois faux, les incrustations ne sont pas toutes très réussies, mais étrangement, on s’habitude très rapidement et ça donne quelque part un certain charme au film.

Par contre, là où le film réussit son pari, c’est pour nous faire tenir à ses personnages. Et pourtant, ce n’était pas gagné tant le « héros » est rapidement détestable. Mais cette histoire d’amour improbable fonctionne à merveille et on s’en rend compte dès que le film se fait un peu plus action, plus violent, noir, sanglant parfois, virant même au tragique, et on craint pour nos deux tourtereaux. On veut que ce happy end arrive, on l’attend, il ne peut pas en être autrement car il gâcherait clairement tout ce que le film a construit, avec ses gags très cons, ses scènes parfois folles qui partent en sucette, ses personnages attachants, ce message écolo un peu grossier au départ mais pourtant sincère, cette naïveté et fraicheur typique des films de son réalisateur. Oui, on veut que ça finisse bien. Tant pis si certaines choses sont bancales. Tant pis si les effets spéciaux ne sont pas complètement au point. Tant pis si c’est parfois un peu trop gentillet et enfantin. Oui, merci Stephen Chow pour ce happy end.

The Mermaid n’est certainement pas le meilleur film de Stephen Chow, mais il dégage pourtant quelque chose d’unique. Sa candeur et sa légèreté en font un excellent divertissement et il serait dommage de passer à coté.

Critique avec images et trailer : ICI

cherycok
8
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cherycok
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