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The Neon Demon par Sasha R

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Enfin, il est là, c'est peu dire si j'en attendais beaucoup du dernier nouveau né de Refn. Impatience, hâte, crainte, optimisme. Trop d'émotions pour un simple humain.
Et comme bien souvent dans ces cas, je suis sorti de la séance, déçu, mécontent. A retenir donc, ne pas trop se monter la tête, attendre patiemment, et réfléchir après sa séance bordel.

Bref, avec ce dernier opus, le réalisateur danois quitte son monde viril remplis de Ryan Gosling testostéroné muet, pour nous lancer dans le monde vampirique et fascinant de la Mode. Le sujet est on ne peut plus basique, sous suivons le parcours Jess qui s'installe à Los Angeles, pour y débuter sa carrière de mannequin. Belle à en mourir, lumineuse, elle ne pourra alors s'attirer que la jalousie de ses camarades de podium. Une virée en enfer comme avait pu le faire en son temps Lynch avec Mullohland Drive.

Refn nous livre avec The Neon Demon un monde envoûtant de par sa beauté, le tout mise en scène avec brio (toujours ses travelling maîtrise à merveille chez le type). Le réalisateur danois nous offre donc un film doté d'un esthétisme fort, reprenant les codes de la mode avec de somptueux jeux de couleurs fluo, l'utilisation de symétries, de miroirs. C'est plus que beau, un travail finement jouer, il faut le dire. Une belle claque de ce point de vue là en tout cas.

Du côté du propos, le film est assez varié, quoiqu'un peu trop, quitte à se perdre et à ne finalement pas en dire assez. Nous sommes plongés dans ce monde où le physique est roi (« beauty is the only thing »), chaque mannequin faisant tout pour atteindre le stade de beauté naturelle. Mais ce monde, s'il semble lumineux, se transforme en véritable cauchemar la nuit (Refn s'amuse avec ce parallèle nuit/jour), plongeant Jess dans un monde où la pitié n'a que peu de place, et permettant au metteur en scène de partir dans des délires plus trash, nous renvoyant au cannibalisme, vampirisme, effusion de sang (quitte à se baigner dedans telle la Comtesse Bathory). Le film altère donc entre ses passages très esthétisés à des scènes bien plus crues.

Cependant, c'est sur son propos que le film est un peu plus pauvre, car s'il est possible d'analyser moultement le film, comprendre tout la fascination de Refn pour l'utilisation du numérique (quel autre format permet autant de modifier son image ?), la couleur, la recherche infini d'esthétisme, et ce côté glauque très présent, il devient difficile de voir ou veut au final en venir le garçon. Son propos s'étale, tout comme ses sujets qui ne sont souvent que rapidement traités, ce qui peut légèrement laisser sur sa faim lors du générique de clôture.

Le référencement du film est très présent, pour quiconque possède un minimum de culture cinématographique, il est difficile de ne pas voir les inspirations du bonhomme, allant de Kubrick à Argento, de John Parker au travail de Lynch sur Mulholland Drive et Inland Empire. Bref, ça foisonne d'inspiration, de référence, quitte à en venir atténuer le réel travail créatif de Refn, qui est pourtant loin de ne pas avoir d'idée de mise en scène ou d'esthétique (ces précédents films l'avaient déjà prouvé). Nous sommes avec The Neon Demon face à ce problème lorsque les références deviennent trop évidente et font perdre de l'identité propre au film en question.

La bande son quand à elle reflète la quasi perfection, Cliff Martinez et son electro nous embarque avec fascination dans ce monde qui paraît si irréelle, à la limite du fantastique, avec une gamme de morceaux assez variés, et collant parfaitement avec l'idée véhiculée par le film, son désir de nous plonger dans ce rêve.

Au final, The Neon Demon réussis son pari, nous faire voyager dans ce monde fantasmagorique que voulait Refn et en y insérant avec plaisir des séquences très teen movies trash histoire de venir choquer un tant soit peu le bourgeois.La forme est maîtrisée, comme en à l'habitude le cinéaste, c'est sur le fond que le tout reste encore fragile, bien qu'étant assez riche en métaphores, les idées sont un peu trop éparses et trop peu construites pour avoir un réel intérêt, autre que celui de la pure mise en scène.

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