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Road to Nowhere

Avis sur The Rambler

Avatar FoxmcCost
Critique publiée par le

Ceux qui ont vu l'étrange The Oregonian sauront à peu près à quoi s'attendre avec The Rambler, sa suite spirituelle: des scènes hallucinatoires façon David Lynch à ses débuts en encore plus cut et rentre dedans, un univers mental où tout n'est jamais vraiment réel et jamais vraiment fictif avec un personnage paumé entre les deux... et les coins paumés des États-Unis.

Cette fois-ci c'est un espèce de cow-boy des temps modernes, fraîchement sorti de prison, qui va se taper le road-movie sous acides concocté par Calvin Reeder. Mutique, le stetson vissé sur la tête et la clope au bec, Dermot Mulroney interprète à merveille ce looser viré à coups de pétoire de chez ses rednecks de potes par sa femme. Il est l'éternel étranger, nulle part à sa place, qui va traîner sa misère le long des routes le long du désert de Roswell (tiens tiens...) pendant une heure et demi. Contrairement à The Oregonian le trip ne part pas immédiatement dans le surréalisme le plus total, Calvin Reeder a choisi d'être plus sympa avec son audience en rattachant un peu plus son film au réel, et en faisant entrer en contact son personnage sans nom avec d'autres "gens" (et pas justes des apparitions dont le seul but est de pisser de toutes les couleurs ou de conduire une voiture comme dans son précédent film, duquel on retrouve quand même la magnifique Lindsay Pulsipher). Du coup même si on reste dans le même genre de structure narrative en dents de scie ça devient tout de suite beaucoup plus accessible.

Mais que les fans d’agressions visuelles et sonores se rassurent le film en est truffé. Pas pendant une heure vingt non-stop comme dans The Oregonian mais le film recèle de scènes gorasses incompréhensibles à base de machine à explorer le cerveau pas très au point et de cadavres difformes qu'on nous balance au visage avec un son strident, si vous aviez détesté cet aspect du premier film c'est pas vraiment la peine de perdre du temps avec le second. Certaines scènes valent le coup, notamment l'ouverture qui montre une maîtrise du montage cut très particulière (la marque du réalisateur qui s'affirme), d'autres sont juste incompréhensibles (tiens, du vomi, pour changer) comme le fond de l'affaire, mais dans l'ensemble ça reste original et plutôt bien mené. Et la dernière séquence est pas mal du tout.

Bref comme pour The Oregonian le résultat est mitigé et le trip est un peu longuet (pour le coup The Oregonian était plus immersif) mais il y a une évolution qui m'intéresse chez ce réalisateur que je vais suivre avec plaisir.

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