Nightwatch

Avis sur The Spirit

Avatar Hyunkel
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Si le nom de Franck Miller était jusqu'à présent associé au monde du cinéma, c'est par la grâce des deux films adaptés de ses romans graphiques, Sin City et 300. Adulé par les fans de chauve souris pour son sombre et culte Dark Knight Returns, il a pourtant choisi de tourner le dos à son univers, pour s'attaquer, pour sa première réalisation, à celui de Will Eisner et son justicier masqué, The Spirit.

Les fans de l'univers sombre et fortement graphique de Sin City seront ici en terrain connu, tant on semble en voir parfois le remake. Entre prises de vue réelle et animation, The Spirit se veut dans l'esprit des deux adaptations de Miller sus-nommées dans son parti pris esthétique désincarné, filmant un monde qui n'a rien de réaliste. On retrouve la science du cadrage de l'homme venu des romans graphiques dans la majorité des plans très travaillés, et on croirait parfois assister à un dessin animé sombre et violent. Oui, mais voilà...

Oui mais voilà, il ne s'agit pas ici de medium figé mais bel et bien de cinéma, art toujours en mouvement, et la beauté de certaines images se dissout trop souvent dans un mouvement de caméra mal maîtrisé, qui vole au spectateur le plaisir fugace qu'il a pu ressentir à la vision d'une image trop vite rendue banale par la faute d'un travelling raté, ou d'un panoramique quelconque. Et force est de constater qu'il manque une certaine âme à ces images désincarnées qui s'enchaînent sous nos yeux. D'autant que le scénario, plutôt simple et fortement bavard, ne fait rien pour aider la pilule à passer. L'accumulation de dialogues (plutôt bien écrits par ailleurs) et d’apartés renvoient, une fois de plus, à une oeuvre que l'on verrait plus facilement couchée sur papier glacé que sur pellicule.

Reste alors un pur produit esthétique, que certains risquent d'encenser là où d'autres le détruiront, un univers prometteur mais pas forcément bien exploité par un auteur qui avait pourtant toutes les clefs en main pour réussir. Reste, enfin, le choix cornélien entre Eva et Scarlett, un choix qui, à lui seul, permet au spectateur mâle lambda de tuer efficacement les quatre vingt dix minutes que dure ce film qui n'en est pas vraiment un.

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