Pas si mal !

Avis sur The Stronghold

Avatar cherycok
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C’est le retour de la semaine « exotique », c’était donc le moment opportun de se lancer dans The Stronghold (Storozhova zastava en VO), un film de fantasy ukrainien. Oui, on fait des films en Ukraine. Où vais-je trouver ces films improbables vous demanderez-vous peut-être, je ne le sais même pas moi-même. Mais dès que ça sort un peu de l’ordinaire, ça me rend tout de suite curieux, c’est ainsi. Basé sur le roman éponyme de Volodymyr Rutkivskyi, The Stronghold jouit en plus d’une très bonne moyenne sur IMDB, 7/10 sur plus de 1600 votes. Raison de plus de tenter l’expérience et de voir ce que nos amis de l’Est sont capables de faire en termes de fantasy. Je dois bien l’avouer, ça ne me disait rien qui vaille et le film ne partait en aucun cas gagnant tant mes craintes de me farcir une bonne grosse bouse imbuvable étaient grandes … Et là, ô surprise, c’était plutôt sympathique même si The Stronghold est clairement réservé à un jeune public.

Premier film du réalisateur Yuriy Kovalyov après deux courts métrages, The Stronghold suit la même structure qu’un conte de fées et va nous conter l’histoire du jeune Vit’ko qui, lors d’une sortie scolaire va se retrouver confronté à sa grande peur du vide. C’est lors d’une crise qu’il va être absorbé par un trou noir s’étant formé derrière lui et qu’il va se retrouver 1000 ans en arrière. Il fera la rencontre de Oleshko, brave chevalier à qui il sauvera involontairement la vie, sa jolie petite sœur Olenka de qui il va tomber amoureux, grand-père Ovsiy, le sage du village et inventeur leonardevinciesque à ses heures perdues. Ce dernier expliquera à Vit’ko que le seul moyen de retourner à son époque serait une pierre magique perdue au fond d’un lac dans la région. Il a jusqu’à l’éclipse solaire pour trouver la pierre. Mais cette dernière est également recherchée par leurs ennemis jurés, les Cumans, un peuple de guerriers sans pitié dirigé par le violent Andaco et son sorcier maléfique Shaman. Arriveront-ils à mettre la main sur la fameuse pierre avant Andaca et ses sbires ?
Meuh oui ils vont y arriver parce que Stronghold est l’exemple même du film de fantasy familial, avec son ton léger, ses touches d’humour bon enfant, son absence de sang, ses moments un peu niais, sa musique envoutante, et bien entendu son happy end… Le film rappelle d’ailleurs parfois, sur certains aspects, Willow ou L’Histoire Sans Fin.

Le schéma narratif de Stronghold est de plus classiques. Retour dans le passé donc, petites blagues sur la découverte de la technologie (briquet, téléphone portable, …), apprentissage de certains mots pas d’actualité 1000 ans avant, entrainement du jeune héros pour qu’il sache se battre, l’amourette avec la demoiselle du passé, le chevalier du passé qui est devenu en fait un héros de conte de fées contemporain, le fameux happy end, … Stronghold est étudié pour parler au plus grand nombre, alignant pour le coup quelques passages un peu niais, mais surtout il doit marcher à mort sur le jeune public. Même s’il aura été impossible de le montrer à mes trois enfants étant donné qu’il n’est disponible qu’en ukrainien sous-titré anglais (malgré des droits achetés pour la France, rien n’est sorti) et que, du haut de leur 6, 8 et 8 ans c’est déjà chiant de lire alors imaginez quand on ne lit pas l’anglais, je reste persuadé qu’il fonctionne sur ce genre de public. Certes, les personnages ne sont pas forcément très développés et le réalisateur aurait peut-être dû plus jouer sur le coté conte de fées, le film possède néanmoins tous les ingrédients nécessaires pour permettre aux plus jeunes et aux moins jeunes de passer un bon petit moment en famille. Le film reste assez réaliste dans son ensemble, ne tombant dans le fantastique qu’à la toute fin, et les quelques affrontements à l’épée (plutôt réussis) ne sont jamais violents.
Au niveau de la mise en scène, pas grand-chose à signaler. Elle est soignée, n’abuse pas des effets de styles, et certains plans ont vraiment de la gueule. Elle n’est trahie que par quelques CGI parfois un peu limites, surtout au niveau des fonds verts. Mais pour un budget de « seulement » 1.5M€, le travail effectué est à saluer.

Contre toute attente, The Stronghold est un sympathique divertissement familial. De l’aventure, des bons sentiments, un peu de fantastique et de magie, le cocktail parfait pour plaire au jeune public. Certes, il ne fait pas dans l’originalité même, mais il fait le job sans souci.

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