Le strip-tease mental.

Avis sur The Trip

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Dans l'histoire du film psyché, il y a eu quelques gros produits durant les années 60/70, dont Les complices, Blonde on a Bum Trip ou encore La montagne sacrée, et en voyant les noms figurant au générique de The Trip (Corman, Nicholson, Fonda, Hopper, Dern), on avait toutes les raisons d'espérer quelque chose de grandiose. Malheureusement, si l'idée de départ pouvait s'avérer intéressante, elle ne s'aventure hélas pas très loin, naviguant sans but réel, si ce n'est celui de nous offrir un clip de 75 minutes. De ci de là quelques soubresauts tentent de critiquer le milieu de la publicité, mais hélas sans creuser assez la chose. Les rencontres ne seront également qu'assez peu développées, n'apportant rien à ce qui aurait pu faire de ce trip un voyage initiatique, dommage.
Il n'y aura rien à redire visuellement, les effets étant tous biens sentis, de même que la bande-son, dont le thème est superbe, ainsi que les parties d'acid-jazz collant parfaitement à l'esprit d'excursion déjantée que vit notre héros (le tout signé par The Electric Flag, connu à l'époque sous le nom de The American Music Band).

Bref, The Trip porte bien son nom, car au final ça n'est qu'un délire un peu bordélique au scénario ne tenant que sur quelques feuillets. Toutes les hallucinations y passent, même le nain, la durée est limitée, et surtout les phases psychédéliques y sont très présentes, comblant les trous comme des caches misères. Au final on ne sait guère ce que pense Nicholson, qui tente d'y décrire une expérience personnelle, mais qui en définitive ne prendra aucune position, oscillant entre les visions enchanteresses et effrayantes, un peu comme s'il voulait nous dire « essayez et vous verrez ». Le message sonne faux, et surtout des parties intéressantes ont été omises, ou peu développées, dont la synesthésie (un des effets majeurs du LSD), bien qu'il soit indéniable que la maîtrise visuelle et sonore ait été là (et puis mater Rez — un jeu vidéo — pendant plus d'une heure ça aurait vite été gonflant, surtout que l'on en était déjà pas loin).
Dennis Hopper ne sera finalement que peu présent, et hormis lors des cinq premières minutes, ainsi que des cinq dernières, et pendant cinq autres au milieu, vous ne le verrez pas.
Il en reste un produit culte pour son esthétisme, et sauvé par une durée empêchant à l'ennui de prendre le pas.
Pour conclure, si l'idée de voir pendant 75 minutes un type stone enveloppé dans des jingles MTV à la sauce psyché vous tente, vous aurez de quoi vous divertir un moment. Les Eric Cartman en herbe auront très vite fait d'hurler « enfoiré de hippies je les hais ! » et aller zieuter quelque chose de vraiment drôle et loufoque façon Cheech & Chong.
Mention spéciale pour Peter Fonda, qui joue un peu les Alice au pays des merveilles, batifolant dans un monde qui lui est inconnu, où chaque beauté peut devenir une horreur, et vice et versa.

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