Fuck the dog ! Kill for the pleasure !

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♫ Musique ♫

Jerry est ouvrier d'une usine de baignoires dans une petite ville tranquille. Bien que célibataire il n'est pas solitaire puisqu'il a son chat : Mr Whiskers (M. Moustache pour la version française) et son chien : Bosco, ses deux meilleurs amis. Ces derniers ne se gênent pas pour lui procurer des conseils de vie qu'il va parfois suivre, ce qui mènera Jerry au meurtre...

Marjane Satrapi, réalisatrice française-iranienne, connue principalement grâce à Persepolis (2007) reviens ici avec une comédie horrifique basée sur les troubles psychiatrique. Jerry est interprété à la perfection par Ryan Reynolds, révélé depuis American Party (2002) et connaît une carrière fleurissante ; il excelle notamment dans ses changements de voix pour interpréter à la fois Mr Whiskers et Bosco. Ces derniers représentant d'un côté la sagesse et le "bien" : le chien, et de l'autre le génie démoniaque, le "mal" : le chat.

Nous suivons un héros schizophrène, mais au lieu de le suivre d'un point de vue externe à sa pathologie et du points de vue d'une personne seine d'esprit (ce qui est bien évidemment mon cas) nous le suivons dans son délire. Ces images pleines de couloirs et le fait de parler aux animaux ou à une tête décapitée qui répond et mange des céréales, nous plongent comme Jerry dans une réalité biaisée qui n'est en fait qu'un fantasme imaginaire. Le peu de fois où nous retombons dans la réalité c'est par le biais d'autres personnages ou par l'absorption du traitement médical de Jerry qui nous projette dans des images grises, froide. Et là, le réveil est non seulement dur mais est un véritable cauchemars car les choses sont tel qu'elles sont et une tête décapitée, même celle de Gemma Arterton, nous donne simplement envie de refermer le frigo et d'aller vomir nos tripes.

Ce décalage entre le monde de Jerry et la réalité crée un véritable malaise chez le spectateur qui se trouve à la fois pris dans le délire psychédélique d'un cerveau malade mais qui se retrouve aussi confronté à la réalité des faits. Tout comme Jerry est entre Bosco et Mr Whiskers, le film oscille entre imaginaire et réel, humour et sérieux ce qui donne un côté dérangeant apprécié ou non par le spectateur de la lente descente aux enfers d'un schizophrène guidé par un Mr Whiskers (qui est bien entendu, devenus mon meilleur ami) pervers et viscéralement mauvais, mais qui séduit et fascine.

Et toi ? Tu as déjà tué pour le plaisir ?

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