Anti-American Sniper !!!

Avis sur The Wall

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Ce que propose Doug Liman avec The Wall est à mettre au crédit d'un cinéaste qui a su s'éloigner du bruit de la planche à billets. Comme de nombreux réalisateurs, Liman a commencé petit et indépendant avec Swingers et Go, avant de cartonner avec La Mémoire dans la peau (Jason Bourne, volet 1) et d'enchaîner avec du gros calibre jusqu'à Edge of Tomorrow, excellente science-fictionnade avec Tom Cruise. L'avenir était tracé: billets verts, stars à gogo et villa à Malibu. Et le voilà qui réalise The Wall, en dix-sept jours et 3 millions de dollars...

En plein désert irakien, deux soldats américains surveil­lent le site de construction d'un pipeline, où s'est déroulé un massacre. Les voilà pris pour cible par un sniper... Nous sommes en 2007 et George Bush vient de proclamer la fin de la guerre d'Irak. L'ironie et la sourde colère que l'on avait déjà pu déceler chez Doug Liman, notamment dans Fair Game, sont présentes dès les premiers instants de ce film, qui s'avère un vrai tour de force...

Avant tout, c'est un thriller d'une rare efficacité, un huis clos à ciel ouvert, avec pour seuls décors un monticule de ruines et un pan de mur délabré — vestige d'une école. L'un des héros, un GI plutôt naïf, affirme mine de rien que si l'on construit des pipelines en Irak, c'est pour permettre de relancer l'économie et de financer hôpitaux et écoles. Ce qui provoque les ricanements de son ennemi, celui qu'il appelle « le hadji », qui cite Edgar Poe et Robert Frost, alors que lui semble tout juste connaître le nom de Shakespeare...

The Wall est un film brutal, une déconstruction radicale du mythe du héros. Doug Liman se révolte en signant cette description au vitriol du conflit irakien car il est clair que nous sommes ici dans l’anti-American Sniper. Pour une fois, la question se pose avec force : ils faisaient quoi, au juste, les ricains, en Irak ???

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