Taken sous LSD

Avis sur The World of Kanako

Avatar Pierre Champleboux
Critique publiée par le

La fille d'un ex flic alcoolique a disparu, et celui ci va tout péter pour la retrouver. Ici, pas de Liam Neeson vengeur aussi froid qu'appliqué. Notre héros est un déchet au début du film, et ça ne va pas aller en s'arrangeant. Sa fille ? Elle lui a tellement peu importé jusqu'ici que son esprit torturé par les affaires criminelles et l'alcool a du mal a se souvenir de son visage. Au travers de cette enquête musclée et des témoignages récoltés à grands renforts de bourre-pifs, notre héros va donc autant chercher a retrouver sa fille qu'à découvrir qui est vraiment cette ado qui est pour lui une inconnue. Et ça ne va pas être joli...

Anti héros extrême, notre père vengeur est tellement borderline qu'il amène le spectateur, comme rarement jusqu'ici dans ce type de vigilante movie, à se poser la question de la légitimité de la vengeance et des moyens employés pour y parvenir. C'est un paumé, un taré, un type immoral et cinglé qui ne recule devant rien pour retrouver sa fille, même s'il ne sait pas lui même s'il l'aime ou pas. Et c'est d'autant plus perturbant que le réalisateur s'amuse comme un fou à brouiller les pistes en accompagnant les "aventures" de notre "justicier" d'une musique et de gimmicks très seventies qui évoquent directement la cool attitude de Shaft et ses disciples, dans les bas fonds d'une ville aux relents pestilentiels, peuplée de personnages fous et hauts en couleurs qui rappellent la folie et le vice de la fange du Sin City de Miller.

Aussi cool que dérangeant, gore, violent, épileptique par moments (voir les flashbacks très kawaï sur la vie pourtant atrocement sombre de la disparue) le film use habilement de multiples ambiances surprenantes (certaines séquences très teen movie, des passages animés) qui se marient avec une étonnante alchimie, montrant qu'à l'image d'un Tarantino, le réalisateur est parvenu a digérer ses diverses influences pop pour se les approprier et en faire son style propre.

Si l'épilogue traine en longueur et peut paraître dispensable, on parviendra quand même a y trouver une fin sobre qui tranche avec la folie furieuse du métrage et permet de conclure enfin avec un recul salutaire cette éprouvante épopée sanglante.

Un sacré bordel rondement mené et une énorme baffe dans la gueule dont on ne sortira pas indemne.

outbuster
Et vous, avez-vous apprécié la critique ?
Critique lue 727 fois
5 apprécient

Autres actions de Pierre Champleboux The World of Kanako