Une mère et un ami

Avis sur The Yellow Birds

Avatar Thekla
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Y a rien pour vous arrêter…
Y a pas d’arbres
Rien que le ciel et l’eau
Et à force, on ne distingue plus l’un de l’autre
Y a rien pour vous protéger
Y a rien qui vous empêche de tout prendre

Où l’on retrouve en images toute la force du récit / roman quasi autobiographique de Kevin Powers.
Certes, on peut additionner les similarités avec… "Jarhead", "Dans la vallée d’Elah" ou autre "Battle for Haditha", et la plupart des films à propos de la guerre en Irak (ou en Afghanistan) réalisés par les états-uniens, mais il y a un petit plus qui lui fait atteindre à une certaine universalité.
Au moment où nos personnages traversent un verger luxuriant et où musique et cadrage font clairement référence à "La ligne rouge" de Malick, on comprend que là encore, on va être violemment expulsé du paradis et tenter de se sortir de l’enfer.

Le mélange constant de la chronologie et des lieux, avant, pendant, après, là-bas, à la maison, n’est absolument pas déroutant, au contraire, c’est ce qui entretient le suspense et fait monter l’émotion.
La symbolique est permanente, dans les personnages (la vieille femme en noir), les allusions (c’est ici que Jonas…) et citations bibliques (le sel pour que rien ne repousse) qui ne se cachent même pas (le baptême – du feu ou de l’eau ?). N’est-ce pas ce qui fait la vie, pouvoir appréhender les éléments, et ce qui fait la mort, quand il n’y a plus que le désert ?
Leur quadruple omniprésence, quand elle est comme ici bien utilisée, est pour moi toujours synonyme d’une belle réussite.

Qui sont ces oiseaux jaunes, alors ? Ceux d’une chanson de marche entendue à l’entraînement :

"A little bird
With a yellow bill
Was sitting on
My window sill
I coaxed him in
With a piece of bread
And then I crushed
His f***ing head"

Dans le roman "Sympathy for the devil" de Kent Anderson – vétéran, lui, de la guerre du Vietnam, un soldat décapite le canari avec les dents…
De père à fils, de sergent à bleu bite, c’est toujours la même histoire. A la fin, ne restent pour pleurer que les amis survivants et les mères infortunées - lesquelles font d’ailleurs de remarquables prestations.

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