Le film ultime sur les femmes

Avis sur Thelma et Louise

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Susan Sarandon et Geena Davis sont ici Louise et Thelma (j'ai inversé les deux prénoms parce que c'est Susan en #1 et puis c'est tout), deux meilleures amies qui décident de partir en road trip le temps d'un week end. Mais le séjour va s'avérer plus long que prévu... et méga-badass.

Pour faire court : du whisky Wild Turkey, des vieilles cabines téléphoniques, des agressions, le Texas, l’accent du Sud, de la musique chantée à tue-tête dans la voiture, des gros mots, une Thunderbird décapotable, des lunettes de soleil, des cheveux au vent, des cigarettes, des surprises, de la poussière, des larmes, des dialogues et des réparties formidables, des jeans taille-haute, des pistolets, de la tension, des paysages à couper le souffle, du crime, Hans Zimmer, du traumatique et une amitié passionnelle.

Mais faire court… vous remarquerez que ce n’est pas mon truc.

Ce film m'a profondément bouleversée, alors que je m'y attelais à reculons après une grande insistance d'une copine du conservatoire.

Thelma est la femme « traditionnelle », rappelant un peu les années 50. Elle est dépendante de son mari, infantilisée, elle demande la permission et passe ses journées dans la cuisine.
Louise, au contraire, est serveuse, maniaque, sarcastique, refuse l’engagement et a des problèmes de confiance. Son passé est lourd et elle doit s’en libérer.

A mon sens, une des forces du film est qu’il défie délibérément les stéréotypes. En effet, Thelma et Louise vivent le genre d’aventure que seulement les hommes vivent dans les films : elles utilisent des armes, explosent un truck, volent à main armée, se lancent dans une course poursuite, fument des clopes, provoquent les autorités…
Les hommes de l’histoire sont choqués que des femmes puissent faire de telles choses.

Un des thèmes clé du film est la liberté. La recherche de la liberté, la liberté refusée, fuir pour la liberté.
Leur périple démarre sur une envie de liberté, s'échapper enfin de leur quotidien étouffant. La relation-poison de Thelma avec son mari Darryl. Le travail fatiguant de Louise dans le diner. Le temps passe, et rien ne change. Elles sont toutes deux emprisonnées, mais néanmoins perdues dans leurs prisons respectives.
Elles s'échappent pour peut-être se prouver quelque chose, voir autre chose.
Une fois qu'elles seront sur la route, un évènement fera en sorte qu'elles devront également se libérer d'une culpabilité, d'un avenir dans une prison littérale.
Cette liberté est le but principal de ces femmes. Jusqu’à la dernière seconde du film, leur liberté semble n'avoir aucun prix.

Thelma et Louise se libèrent également des hommes. Ces hommes qui ont un tel impact sur leur vie. Darryl le mari de Thelma, Jimmy l'amoureux de Louise, Harlan qui lancera leur aventure malgré elles, JD qui rendra Thelma symboliquement libre de son mariage, Hal le détective, le conducteur de truck à qui elles feront payer son irrespect... Chaque homme de l'histoire marque leur histoire, souvent de façon négative. Dans ce film, ces êtres du sexe opposé ne les aide pas directement... à une ou deux exceptions près.

Et la casting, parlons-en. Je ne peux imaginer une autre Louise que Susan Sarandon, complètement incroyable en coquille fermée. Et Geena Davis, en Thelma plus intelligente et peur-de-rien qu’elle n’y paraît. Christopher McDonald joue son mari Darryl, un rôle de composition plutôt détestable, macho et carrément anti-héros. Et bien entendu un très jeune Brad Pitt en J.D., le bad boy qui transforme et libère Thelma.

Ce film a complètement changé ma vision du monde autour de la femme. Thelma et Louise ne semblent avoir peur de rien et veulent se battre dans ce monde d’hommes.
Et moi… je n’ai plus peur de me battre. Si je veux, je peux être Thelma ou Louise (sans la partie criminelle et la fin surprenante si possible).

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