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Théorème

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Histoire :

Le film commence avec la venue plutôt inattendu, et surtout inexpliqué d'un jeune homme au sein d'une famille de 4 personnes (la mère, le père, le fils et la fille) accompagnée de leur servante. Très rapidement il séduit (et plus si affinités...) la bonne, puis la fille, le fils, la mère et, vous l'aurez compris, finalement le père. Tout ceci a tôt fait de bouleverser la vie bien rangée de tout ce petit monde dans des proportions allant jusqu'à l'illumination...

Critique :

Je ne suis pas à la base un fana de ce genre de film, plutôt marginaux, mais il faut reconnaître qu'avec celui-ci le charme opère de suite, à l'instar de la famille qui tombe entièrement aux pieds du jeune inconnu, je suis resté béat d'admiration devant la réalisation à la fois riche et sobre de ce film. Evidemment entièrement en noir et blanc, il n'en reste pas moins que l'Italie de la fin des années 60 présente un charme certain et les rues remplies de ces voitures rondes et de ces vespas sont très contrastées et lumineuses, l'image faisant souvent penser plus facilement à de vieilles photographies qu'à un film.

La réalisation en soi est plutôt honnête, malgré parfois un manque de rythme, probablement plus dû à son âge qu'à un réel défaut de talent. La musique de son côté, bien que présente, ne fait qu'illustrer l'époque et n'a qu'un rôle mineur dans l'ensemble.

***Spoilers***

C'est plus dans l'ambiance propre du film qu'il faut chercher l'intérêt d'un film comme celui-ci. L'histoire justifie à elle seule qu'on se penche dessus tant elle est inattendu, intrigante et bien menée. Cet homme venu de nulle part, qui n'est jamais nommé, sans jamais un mot plus haut que l'autre – à vrai dire, il ne parle pour ainsi dire pas du tout – arrive par on ne sait quel charme secret à faire succomber les 5 habitants de la magnifique villa milanaise qu'ils occupent.

Et de là des conséquences toutes les plus imprévisibles que les autres surviennent. La servante qui se réfugie dans le mystique à tel point qu'elle finit lévitant, passant des jours et des semaines sans boire ni manger. Le père, patron d'une usine en difficulté au début du film, gravementmalade, finit par totalement partir en vrille, se désinteresser de ses affaires et fini nu à marcher sur les flancs d'un volcan... Le fils se retrouve sexuellement " décoincé ", la mère devient une vraie nymphomane, allant jusqu'à quasiment tapiner en Fiat dans les rues de Milan en plein jour!!

Un petit mot sur les acteurs qui, à part Terence Stamp dans le rôle du père, me sont tous inconnus, se sortent admirablement bien de la nécessaire ambiance pesante de tension sexuelle, de culpabilité religieuse et/ou incestueuse.

La trame mêlant allégremment symbolique chrétienne et une sexualité débridée pose un certain nombre d'interrogation. Il paraît logique qu'en réalité l'inconnu, qui finira par partir comme il est venu, peut être interprété comme étant au choix le diable, ou une transposition dans le monde réel des démons intérieurs de chacun des personnages qui devront finalement puiser au fond d'eux-mêmes la force de rétablir (ou non) leur vie.

Pour conclure, les 94 minutes de ce film sont un voyage extraordinaire et vraiment inattendu, encore qu'après la lecture de cette critique vous serez bien plus préparés que je ne l'étais au moment du visionnage! J'attribuerai 8/10 à ce film, pas forcément pour ses qualités purement cinématographiques et techniques mais plus pour le parti pris scénaristique, pour l'originalité du thème et la façon dont il est transposé.

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