Thor Story : vers Asgard et au-delà

Avis sur Thor : Ragnarok

Avatar Larry Sarrs
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J'ai eu vraiment du mal à comprendre ce sentiment mi-figue mi-raisin que j'ai eu à la fin du générique du dernier Marvel en date. Pourtant, difficile de dire que j'avais pas passé un bon moment : j'adore Thor, je trouve la licence réussie et son demi-frère lui donne une sacrée réplique. Hopkins en Odin, les FX somptueux qui rendent justice à Asgard, la mythologie teintée de SF, ca marche à fond, moi je kiffe. Et pourtant dès les premières secondes avec son aspect narratif et humoristique, j'ai une impression de déjà-vu, qui ne me lâchera pas du film.

Bon techniquement, FX et 3D sont au top, après tant d'années d'exploitations et les moyens de Marvel, c'est juste le minimum donc pas de surprise de ce coté-là. La grosse différence par rapport à Homecoming ou à Civil War, c'est son coté très coloré, qui n'est pas sans rappeler la licence des Gardiens de la Galaxie. Et ce n'est pas le seul point commun, tant ce troisième volet des aventures du dieu du tonnerre ressemble à un space opera, mais là encore, ca n'explique pas mon impression de déjà-vu. Déjà parce que contrairement aux GdlG 2, l'humour fonctionne, et fonctionne bien, ensuite parce que c'est ultra-rythmé et pas une seconde on ne s'ennuie (ni se repose), ca en est même presque fatigant.

Thor se fait bien malmené dans cet opus, comme dans chaque on pourrait dire, mais là c'est le summum : disparation (puis mort) de son père Odin, grosse branlée éclair par sa nouvelle grande soeur, destruction de Mjölnir, bannissement dans le trou de balle de la galaxie, ca fait beaucoup même pour un dieu. Se faire ramasser direct la gueule par Hulk derrière, c'est la goutte d'eau. Pourtant tout se passe limite dans la rigolade. Sacré aplomb le big boss thunder.
Et puis... ya la causette avec Hulk. Là je sais pas. Hulk, grand, vert, colérique, âge mental 4 ans. Sérieux? Bon ca marche à peu près quand même, mais ca laisse un arrière gout de légumes en boite (oh oh oh...).
Donc derrière évasion, qui se passe mal, puis évasion quand même, retour sur Asgard, et là (Hela aussi) comme par hasard, le méchant du début, il permet de tuer la vilaine soeur, le méchant en second. A ce niveau, l'impression de déjà-vu de la circonstance qui permet de résoudre toute l'histoire, c'est plus épidermique, j'arrive presque à le nommer. Mais pas encore.
Pourtant le sidekick de la fête, Skurge l’Exécuteur, pose bien le décor aussi : il ne sert à rien. C'est un objet comique redondant sans trop d'importance, dans les mains d'une déesse de la mort aussi belle qu'inutile. Non parce que la grande méchante de l'histoire, elle est quand même autant badass que futile. Elle apparait comme ca, de nulle part sur la Terre, derrière elle prend le Bifrost Express sans billet pour Asgard, mais après, elle est coincée sur place (grève des transports, salaud de syndiqué de Heimdall). Bon pis les passages du look gothopouffe à la maitresse du SM en mode hérisson, je sais pas, je comprends pas la démarche. Bref je pige pas l'exploitation du méchant, autant Malekith il était sombre et flippant, là on s'attend plus à ce qu'elle chante du Evanescence. Bref.
Et cette dose d'humour alors? Non on dépasse la simple dose, on est carrément dans l'overdose, aucune action ne se fait sans une gaffe, un clin d'oeil, une boutade, tout est sujet à dédramatiser la violence, Thor qui rigole de son pote Hulk dans l'arène, le truc du plus fort des Avengers, la pathologie schizo-parano de Banner, qui se vautre comme une merde à la fin en sautant du vaisseau, l'emprisonnement de Thor avec le révolutionnaire caillouteux, l'arrivée alcoolisée de la valkyrie, tout est sujet à rire. Même Loki, le psychopathe malveillant du premier Avenger, qui fait interné son père, bah là, il est sympa, jamais dans la grosse manigance, juste dans un délire d'ado rigolo.
Quid du Grand Maitre? Un hédoniste fou à lier et fantasque. On dirait... on dirait un peu un méchant de Cobra...
Putain...
PUTAIN CA Y EST, JE L'AI!!! Je sais d'où vient cette impression de déjà-vu.

Ce dernier Marvel en date, et bien, ce n'est pas un Marvel. C'est un Disney, un pur produit de la firme aux grandes oreilles, des méchants pas méchants, des gentils rigolos, de l'action en veux-tu en voilà, mais toujours dans le fun, toutes ces couleurs, le héros destitué de ses pouvoirs qui brave tous les dangers pour se reconstruire, buter les méchants, transformer les moins méchants en gentils, et sauver tout le monde en repartant à zero vers un nouveau monde. Il ne manque que les chansons.
Ca explique pourquoi on passe un bon moment malgré les incohérences du script par rapport au monde de Marvel, Disney, ca reste les maîtres du divertissement. Oui, mais du divertissement pour enfants. Et c'est là où le bât blesse : moi quand je mate un Marvel, c'est pas un film pour enfants que je veux voir, c'est un film d'action avec des FX, des bastons et des rebondissements dignes de Dallas. Et là, c'est clairement trop édulcoré pour moi, au delà du plaisir évident que j'ai à suivre les personnages, à rigoler des punchlines bien senties et des situations cocasses, et de retrouver Hulk péter des races, c'est trop tout public, j'aurais préféré un coté Ronal le Barbare à un Hercules version nordique.
Une demi-déception donc au final, j'ai peur pour Infinity Wars... Vraiment...

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