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Avis sur Thor : Ragnarok

Avatar Zoliv AnyOne
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Le crépuscule des Dieux. Il fallait que ça arrive... Après un sympathique premier film et un second en demi-teinte, Thor ne pouvait réellement compter que sur sa présence aux côtés de ses collègues super-héros pour s'imposer dans le Marvel Cinematic Universe. Le mythe des mondes et du multivers n'étant désormais plus inconnu (Doctor Strange, merci de nous avoir reçu ; vous revoir à été un plaisir bref, mais avéré), quelle meilleure ficelle narrative utiliser que celle qui est sensée mettre un terme à tout ce qui a déjà été mis en place. Sensée, je dis bien. On est pas encore à Infinity War... Mais passons.

Plus trompeur que Loki, cela existe. Le mythe de l'histoire arrangée pour profiter à la gloire de son peuple, c'est même toujours d'actualité. En ça, l'attitude d'Odin peut paraître assez contradictoire comparée à celle qu'il a entretenu (ou semblé entretenir) dans les films précédents. De même, l'escamotage si facile d'un personnage qui me tenait à cœur m'a semblé trop téléphoné. Et dès les premières minutes, la carte de la punchline humoristique si chère à Marvel semblait déjà surexploitée et maladroite. La fin des temps.. et la fin de la gloire pour les super-héros de la maison au logo rouge ?

Non, heureusement. Une fois l'entrée en scène de la méchante (Cate Blanchett, qui comme le disait si bien Sir Ian McKellen dans Le Hobbit semble, contrairement à la plupart, ne pas être changée par les ans) à la suite d'une superbe scène d'adieu, le rythme reprend son cours comme il le devrait. Les péripéties s'enchainent, on retrouve certaines têtes comme on en découvre d'autres. Tessa Thompson grimpe de plus en plus dans mon estime à chaque nouveau rôle depuis Creed. Chris Hemsworth est égal à lui-même, cheveux raccourcis mais performance impeccable. Tom Hiddleston revient tourmenter son monde comme il sait si bien le faire. Mention spéciale à Jeff Goldblum, toujours au top dans un rôle qui lui semble pourtant à contre-emploi de son répertoire habituel.

Mais l'une des qualités majeures de ce Ragnarok, c'est sa capacité à étendre le MCU en multipliant les références subtiles à d'autres figures des comics, exactement comme les deux films des Gardiens de la Galaxie. Personnages, bâtiments, dialogues, ... et sans jamais tomber dans le fan service facile. Les groupies de Marvel se sentiront une fois encore comme des raton-laveurs dans l'espace.

Hormis un démarrage un poil pénible et un ensemble général prétextant surtout une mise en bouche avant la grande baston de l'an prochain, Taika Watiti s'en tire avec les honneurs. L'affront de Green Lantern est lavé.

Les frères se battront et se mettront à mort, Les parents souilleront leur propre couche ; Temps rude dans le monde, Adultère universel, Temps des haches, temps des épées, Les boucliers sont fendus, Temps des tempêtes, temps des loups, Avant que le monde s'effondre ; Personne n'épargnera personne.

(Völuspá, strophe 45)

...mais merde, même du temps du premier métrage de 2003, j'avais jamais entendu Hulk parler autant dans un film ! Bigre...

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