Qu'est-ce qu'être un héros ?

Avis sur Threat Level Midnight

Avatar Valentin_Abel
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Si j'écris ce texte, ce n'est pas pour distribuer une énième critique dithyrambique sur ce film qui les mérite absolument, mais c'est pour mettre en lumière un aspect cinématographique à mon sens trop largement sous-estimé : l'ambivalence des symboles, et notamment dans le combat des deux protagonistes, Michael Scarn et GoldenFace

C'est en revoyant pour le trentième fois le film que j'ai décelé des indices que nous laisse Michael Scott sur le renversement du héros américain, sur son questionnement à travers, comme dit plus haut, les symboles : rappelez-vous la scène où il perd la course, malmené par Goldenface, et ainsi remportée par un mystérieux mexicain. Ici, la confrontation qui oppose 2 personnes en oppose maintenant 3 (peut-on parler d'impasse mexicaine ?), équilibre intenable et qui appelle de fait à la mort du mexicain pour rétablir ce combat épique. Mexicain alors tué avec ce que Michael Scarn a sous la main : une écharpe à l'effigie des États-Unis ! Même constat lors de la trahison du président, noir, que Scarn attaque avec un portrait de Lincoln ... Alors comment comprendre qu'un tel héros renverse ces codes pourtant si ancrés ... Michael Scott serait-il un réalisateur bien plus "punk" qu'on l'aurait pensé ? En allant plus loin, rappelons-nous de l'origin story de GoldenFace : un ancien ouvrier dans une fabrique d'or; c'est à dire l'employé exploité par les patrons et par les riches, et qui subit les conséquences de l'oppression capitaliste ! Capitalisme qu'on renvoie facilement aux États-Unis, dont les plus grands symboles de "liberté" sont bafoués par le film !
Mais Scarn n'est pas un anti-américain, qu'une brute épaisse qui tue, car ce n'est pas lui qui salit ces symboles : c'est le président qui trahit la cause pour une histoire d'assurance, d'argent ! Scarn et Goldenface deviennent donc deux faces d'une même pièce : le premier est un homme bon que la vie a malmené et qui essaye de trouver une voie dans une Amérique corrompue et dévoilée dans toute sa cruauté (cruauté ô combien appuyée lors la mort de Cherokee Jack, unique natif américain du film, ultime représentation du massacre des amérindiens par les colons américains !); le second est un homme de rien qui, après un accident, a décidé de rejoindre la caste des "méchants", pour prendre la tête aux côtés du président des États-Unis

Réflexion faite, il semblerait que ce film a encor beaucoup à nous apprendre, et que sa dimension complète demande au spectateur une exigence rare dans le monde bafoué d'Hollywood.

Un 10 car les notes ne s'arrêtent qu'à 10, mais sinon, un 20, un 50, un 100 ...

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