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Avis sur Time Out

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Avec In Time, le scénariste et réalisateur Andrew Niccol (Gattaca, Lord of War) nous propose une fable sur le capitalisme, dans sa version la plus extrême possible : l’aliénation totale du corps humain au service du marché, grâce auquel les ultra-riches bâtissent une éternité sur le dos du prolétariat. “Le temps, c’est de l’argent” dans sa version la plus pure. Simple, mais efficace. Dans cet univers, Will Salas et Sylvia Weis vont s’improviser en Robin des bois temporels, puis en révolutionnaires socialistes.

L’idée de fin, le vol et la redistribution du million d’années, fait d’ailleurs beaucoup penser à ces projets de crash bancaire à coups de retraits massifs et simultanés de liquidités.

Si les prémisses sont vraiment intéressantes, l’exécution de l’histoire est parfois très maladroite. En particulier, tout le démarrage de l'histoire, du siècle donné à Will à son parcours dans New Greenwich, est poussif. Pour autant l’ensemble se tient assez bien, malgré des personnages pas franchement folichons. L’écriture des dialogues est elle-aussi en dents de scie, avec une multitude de jeux de mots sur le temps qui se veulent spirituels mais deviennent rapidement fatiguant.

Pour ce qui est de la réalisation, on retrouve le style d’Andrew Niccol, déjà développé dans Gattaca (et, je crois, Simone) : une science-fiction très discrète, frôlant presque le rétro-futurisme avec son esthétique vintage 70’s. Sa science fiction est plus conceptuelle que flashy. À une époque où des sommes colossales sont investies par les grands studios dans les effets spéciaux, devenus arguments marketings massue, cette diversité est fort agréable.

Un des problèmes est le casting. C’est pas parce que tout le monde a 25 ans que tout le monde est nécessairement beau, grand et mince. Autant ça peut se comprendre dans la haute société, autant dans le ghetto et la police, c’est moins crédible. Bref, tout ça manque cruellement de diversité et ça rend notamment les personnages beaucoup moins marquants. Le seul qui soit un tant soit peu différent est John Galecki (Borel), surtout connu pour incarner Leonard dans The Big Bang Theory, ce qui le rend doublement bienvenu. Dommage que son second rôle disparaisse aussi rapidement.
À part ça, la performance de Justin Timberlake (Will Salas) est tout à fait honorable. Cilian Murphy (le garde-temps) est correct sans plus et Amanda Seyfried (Sylvia Weis) n’est rien de plus qu’une jolie plante en pot.

Bref, In Time est un film de SF sympathique qui vaut définitivement le détour, moins pour son histoire et ses acteurs que pour son concept fort original. Niccol se sert parfaitement de la science fiction pour nous faire passer un message. Sans être un chef d'oeuvre, il m'aura marqué.

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