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Avis sur Time Out

Avatar Roland Comte
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Je viens de voir Time out*. A la différence de certains critiques, j'ai trouvé ce film excellent. Certes, il est moins abouti que Bienvenue à Gattaca qui, selon mon point de vue, ne sera jamais surpassé, mais son propos est intéressant et ne laisse pas indifférent à condition de ne pas se laisser arrêter par le fait qu'il est présenté comme un film de science-fiction. Ceux qui me suivent sur ce blog savent quelle réticence j'éprouve envers les classifications hâtives de films. Dans le cas des films dits "de science-fiction", je les trouve encore plus inadaptées. En fait, beaucoup de spectateurs se privent d'aller voir un film parce qu'il est catalogué « science-fiction" et je trouve cela regrettable. En effet, des films comme Inception, The adjustment bureau (stupidement traduit en français par "L'Agence", un titre tellement passe-partout qu’on l’oublie immédiatement, Minority report ou le très beau et très désespéré Neverlet me go pour ne citer que ceux-là...) méritent tellement mieux que cette classification réductrice : la science-fiction est un moyen pour l’auteur ou le cinéaste de se projeter librement dans l’avenir et d’imaginer ce que pourrait être une société si nous laissions la technologie nous dicter ses lois, en faisant abstraction de l’éthique et de la morale.

C’est bien le cas dans Time out. On y retrouve à la fois le propos de Lord of war (qui, emprunté à l’histoire d’un trafiquant d’armes international, est plutôt un film d’action) et celles de Bienvenue à Gattaca, film sur les dangers (et l'absurdité !) de l'eugénisme. Dans ce dernier film, la société était coupée en deux : d'un côté les « élus » (les humains sélectionnés génétiquement pour être parfaits et devant lesquels toutes les portes s'ouvraient) et les autres, auxquels étaient réservées les tâches subalternes. On le voit bien, ces sujets relèvent plus de la philosophie et de la politique (voire de l’économique) que de la « science-fiction ».

Time out n'a jamais eu plus d'actualité qu'en ce moment, où tous les commentateurs nous rebattent les oreilles avec la crise économique qui n’est rien d’autre que la conséquence de la financiarisation du monde et la confiscation des richesses par une minorité, de plus en plus réduite, de plus en plus puissante et… de plus en plus amorale.

Certes, le film n’a pas la majesté ni la perfection glacée de Bienvenue à Gattaca qui restera, pour moi, comme je l’ai dit, un chef d’œuvre insurpassé, aussi bien par son esthétique travaillée, sa symbolique omniprésente, et ses acteurs charismatiques, Jude Law, Ethan Hawke et Uma Thurman. Certes, le scénario de Time out n’est pas parfait ni aussi maîtrisé que celui de ce film mais son propos est aussi inquiétant et doit nous faire réfléchir au-delà du simple divertissement que pourraient y voir certains.

Quant au casting, Justin Timberlake, qui m’avait déjà bluffé dans The Social Network où il ne tenait pourtant qu’un rôle secondaire, il montre dans ce film où il incarne Will, qu’il est un acteur de talent. Amanda Seyfried, avec ses yeux immenses, joue aussi bien son rôle de pauvre petite fille riche qui se rebelle contre son père. Quant à Cillian Murphy, son regard glaçant en fait un parfait "gardien du temps" sans autre morale que son intérêt personnel et celui de sa caste.

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