Titane : un génie grave !

Avis sur Titane

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De mon appréciation personnelle, ainsi que de plusieurs entretiens de Julia Ducournau, ci-après ce que je retiens de Titane, un film qui rend fier d’être français !

Généralités

Titane est plus violent que Grave, aussi bien graphiquement (des scènes pour le moins difficiles et très explicites) qu’au niveau de l'ambiance (qui est plus pesante). Mais loin de s’y limiter, ce film possède définitivement une dimension poétique, et une esthétique qui n’est pas sans tous nous rappeler quelqu’un... : « [je pense] qu’on peut trouver le beau dans quelque chose qui, a priori, peut être rebutant ou trivial » pose ainsi Julia Ducournau elle-même. Titane, ce « monstre », est la Palme d’or de Cannes.

La beauté

Titane (et dans une moindre mesure Grave) est un film d'amour et un film beau ; mais à la différence de certains films, cette beauté (ou devrais-je dire ces beautés, puisqu'il s'agit de tout explorer du monde pour en extraire) est intéressante, car elle ne disparaît pas immédiatement après le film terminé – ou plus généralement, s’il s’agit d'une œuvre d’art, elle n’est pas qu’instantanée, elle n’est pas discrète. Un parfait exemple dans le cinéma de beauté discrète serait Ponyo sur la falaise ; le film est agréable à regarder, très joli et mignon, mais franchement ça s’arrête là : il est fait pour être beau, mais n’a pas une profondeur exceptionnelle, et cette beauté est la principale finalité ; tandis que dans Titane, la beauté est, du reste, un procédé, ou un prétexte pour dire et montrer des choses plus grandes, plus profondes et uniques qu’on aurait raté sans l'intermédiaire du film. Typiquement, l’amour (la douleur psychique aussi) est explorée de manière transgressive grâce aux formes de beautés que l'artiste voit dans certaines situations et transmet avec passion.

Un film d’amour

Dans la continuité de Grave, c’est un film qui, du reste, explore les contrées peu ou non explorées de l’amour, sous toutes ses formes ; bien sûr, il s’agit de créer un univers unique plein de références et d’influences intégrées plus ou moins consciemment, afin d’examiner dans une « création amorale » le périmètre de la famille, et plus généralement voir « deux personnes, avec leurs maux, leurs tares et leur atavisme [...] donner naissance à un alliage, une nouvelle alliance, plus forte » – d’où, en partie, le titre, Titane. Elle dit elle-même que son thème majeur est « pourquoi aime-t-on quelqu’un ? », nous rassure quant aux prochains films : « pas de douceur affolante ! », et de manière complice : « Je dis toujours que je fais des films d’amour, mais personne ne me croit… » L’alliance de la violence crue à la beauté, accompagnée d’éléments aussi importants que l’ambiance musicale (qui est précise, millimétrée, et grandiose !) et le caractère dérangeants de certaines scènes et personnages, font la force du film : on continue à y penser après avoir quitté son siège, on le retient car il grave nombre de scènes et de sensations dans la mémoire. C’est donc un film marquant.

Évidemment, on pourrait discuter d’autres thèmes mineures ou des questions particulières que le film pose — parce que Titane est foncièrement complexe, très réfléchi et composite —, mais je vais m’arrêter là, vous conseillant très fortement cette œuvre singulière, qui, je vous l’assure, vous restera !

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