L'amour ou la gloire

Avis sur Toy Story 2

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« Dans Toy Story, tout était au point, du premier plan au fin fond du champ. L'image pétait à l'écran, mais elle avait un aspect artificiel, comme la majorité des créations infographiques. Celle de Toy Story 2 est infiniment plus vivante, plus tactile, plus belle et plus réaliste. » Lee Unkrich, co-réalisateur de cette suite aux côtés de John Lasseter et Ash Brannon, met le doigt sur quelque chose qui méritait effectivement d'être signalé : même si l'effet de surprise est moindre, les qualités graphiques de Toy Story 2 apparaissent supérieures à celles de son prédécesseur. Dans ce second épisode haletant, premier film à être entièrement créé, masterisé et projeté en numérique, on dénombre une petite vingtaine de décors et de personnages principaux, quelque 1200 modèles numériques – allant des accessoires aux éléments de décoration – et un perfectionnisme tel qu'il fallut en moyenne aux concepteurs, selon les confidences recueillies, plus de vingt heures de travail pour finaliser une seule image. Le résultat s'avère à la hauteur des attentes : l'animation déploie un dynamisme et un esthétisme qui rendent – déjà – caduc le travail entrepris quatre années plus tôt.

Les principaux arguments de Toy Story 2 paraîtront forcément familiers : des gags à la pelle, une inventivité folle, du pur divertissement charpenté avec maestria, quelques scènes touchantes et une batterie de références menant le spectateur de Jurassic Park à Star Wars en passant par le western, honoré d'une déclaration d'amour qui n'échappera à personne. L'histoire se décante lorsque Woody se retrouve par erreur sur une table de braderie et qu'un collectionneur peu scrupuleux met la main sur lui. Les jouets d'Andy se lancent alors à sa poursuite dans un amas de scènes jouissives : une traversée épique sous des cônes, un saut à partir d'un avion en marche, des péripéties hautes en couleurs dans un magasin de jouets, des conduits d'aération ou une trémie d'ascenseur, le tout accompagné par un second Buzz survolté et non affranchi, par une parodie de T-Rex ayant peur de son ombre et par un empereur Zurg rhabillé en Dark Vador du pauvre, assénant à Buzz l'éclair, en forme d'hommage, le fameux « Je suis ton père ».

S'il se distingue avant tout par un esprit léger, une bonne humeur contagieuse et un rythme trépidant, Toy Story 2 contient néanmoins une réflexion intéressante sur la fidélité, qu'il oppose à une hypothétique célébrité. Woody apprend qu'il est en fait une ancienne vedette de la télévision et qu'à ce titre, il pourrait entrer dans un musée où il serait admiré par des cohortes de visiteurs béats. Mais pour cela, il doit toutefois consentir à se séparer définitivement d'Andy, son compagnon de route et meilleur ami depuis de longues années. Ce dilemme, même semé de cailloux blancs, a le mérite de questionner les valeurs humaines et tout ce qu'on tient habituellement pour élément constitutif du bonheur. Vaut-il mieux entretenir son propre orgueil ou l'affection et la joie de ceux qu'on aime ? À en croire les chiffres du box-office, meilleurs encore que pour le premier épisode, et ce tant aux États-Unis qu'au Japon, ils sont beaucoup à s'être posé la question.

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