Etronsformers 3: dark side of the bouse

Avis sur Transformers 3 : La Face cachée de la Lune

Avatar guyness
Critique publiée par le

(trop) Régulièrement, je m'inflige un bollockbuster (merci Torp) pour savoir ou en est le cinéma de divertissement (pléonasme ?) américain. En espérant un jour apercevoir le bout du tunnel, déceler une nouvelle orientation, discerner une lueur d'espoir.

Il y a un an ou deux, j'avais en effet été rendu fou de joie par un article très sérieux provenant d'un journal digne de ce nom, puisant ses sources dans les milieux les plus autorisés, cet article expliquant que les blockbusters vivaient peut-être leur dernières années, les tendances lourdes allant à la baisse (même si quelques productions infirmaient la règle par quelques nouveaux records...), les multiplexes commençant à connaitre des baisses légères mais régulières de leurs entrées. L'article pointait dans les sources de la relative désaffection des foules des scénarii de plus en plus indigestes et s'achevait sur cette espoir fou: la possibilité pour les studios de rappeler le meilleurs de leurs troupes vers le divertissement de masse, les scénaristes de séries.

Comme quoi, on peut en écrire, des conneries.

Transformers 3 ne déroge pas à une règle inéducable depuis de trop longues années.
Au fur et à mesure que les effets spéciaux gagnent en intensité (plus de plans, plus longtemps, plus esthétiques, plus plus plus...), le sens du récit se dilue totalement, pour ne plus être qu'une notion abstraite.

A l'instar de ce gonzo qui a envahi le monde du porno (bon, moi, j'en sais rien, hein, on m'a raconté...), le scénario (ou son absence) n'est plus ici qu'un prétexte encombrant pour nous fournir une dose toujours plus adrénalitique d'effets visuels. Que la cohérence interne d'une histoire n'est plus aucun intérêt (on peut croire au point de départ de robots venus sur terre, pourquoi pas? On peut rester de grands enfants et embarquer pour à peu près n'importe quoi, mais pourquoi, même à partir de là, rien ne tient ni ne se justifie ?) laisse en soi assez dubitatif, mais comment se fait-il qu'on puisse trouver tant de gens autour de nous que cela ne dérange plus ? Comment des êtres qui savent écrire, lire, penser (oui oui, même ici, sur ce site) peuvent-ils passer le scénario d'un film par pertes et profits et parvenir à trouver malgré tout un enjeu quelconque à une chose telle que ce Transformers ?

J'ai bien conscience, après une telle interminable introduction, d'enfoncer, à la manière des robots psychotiques du film, une série de portes largement ouvertes, mais je m'en tape. Ça défoule.

Le fond, c'est fait.
La forme.
La aussi, crescendo, les enfants.

Si le montage épileptique existe depuis un moment (Bluberry, à chaque fois que j'y repense, j'ai envie de vomir), il est ici porté à un point dont on sait malheureusement déjà qu'il ne sera pas paroxystique, puisque la tendance semble ne jamais pouvoir (ni vouloir) s'inverser.
Plans de quatre secondes maximum. Plus de 95% d'entre eux sont en mouvement. Finalement, il n'y a que quelques cadrages sur les acteurs qui ne bougent pas, mais ils sont très rares.

Subir ce traitement pendant 2h36 est épuisant.
Ce qui, il y a encore 5 ans, était traité comme un raccourci scénaristique (on y revient), à savoir une série de scènes au montage rapide pour nous faire aller d'un point A à un point B sans trop s'apesantir mais pour qu'on ne perde pas totalement le fil, est devenu la règle.
A une première moitié inter-minable de présentation de personnages et de situations (où tout ou presque est grotesque) succède une deuxième partie constituée uniquement de combats tout aussi infinis, sans queue ni tête, sans aucun soucis de cohérence, d'enjeux, de moments de bravoure autre que grotesque (ça fait deux fois que j'utilise l'adjectif, non ? C'est peut-être le meilleur (le seul ?) qui permet de caractériser ce film). Un immense ghostbuster 3 sans humour (alors que le premier opus de la série produite par Hasbro en comportait, avais-je eu la faiblesse de trouver).

Une dernière remarque concernant des noms.

L'acteur principal. Chia Le bœuf. Peut-on faire crédit à un gars arborant un patronyme aussi déplaisant ? Je sais, c'est pas réglo d'attaquer sur le physique ou sur le nom. Mais, avec son unique expression faciale ("je regarde en l'air et j'y crois pas, et après je suis en colère") voilà un petit gars qui semble capable de tout. Même de pourrir une des plus belles série des années 80, à base de héros avec fouet et chapeau.

Les méchants. Les "Décepticons".
Sans déconner.
On sait dès le début qu'il seront décevants et qu'ils sont benêts. Vous voudriez pas être les vilains de l'histoire avec un nom aussi prédestiné ?

Voilà. Ce bollockbuster ne méritait probablement pas beaucoup plus que 3 ou quatre lignes, mais je sais pas. J'avais besoin que ça sorte. Même mon rejeton de 14 ans s'est endormi sur le canapé, c'est dire que je suis perplexe quant à la cible visée. Z'en ont pas marre, les gens, de toujours remettre une pièce dans le juke-box ?

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