L'âge d'or du thriller intelligent

Avis sur Traquenard

Avatar Eowyn Cwper
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Trois ans après la mort de James Dean que Ray avait consacré, le cinéma de ce dernier est encore marqué d'une certaine fureur de vivre : situé dans les années 30 mais chorégraphié à la mode des fifties, Party Girl est un fantasme de la jeunesse perdue qu'on se convainc d'avoir toujours au fond de son cœur. Alors son cœur, on le donne à Cyd Charisse.

Ce désenchantement qui désaccorde, ça pourrait être un défaut si ce n'était pas toute la richesse du film, qui arrive à faire fonctionner drame et romance ensemble sans nous éblouir avec les feux de la rampe. Parfois trop plein de bonne volonté pour représenter tous les genres, les numéros de danse qu'il met en scène sont un peu tape-à-l'œil, mais l'écrémage est bien tout ce qu'il lui manque, avec peut-être un peu de modération en ce qui concerne les ellipses.

Party Girl fait vraiment partie d'une période d'or en ce qu'il ne prend pas son public pour un troupeau de têtes de linotte : certes, il sert à la classe moyenne américaine liseuse de journaux ce dont elle raffolait, mais en considérant son bagage comme authentiquement culturel et pas comme tenant seulement du divertissement. Le crime ou le tribunal n'y fait pas réfléchir comme n'importe quel autre thriller : c'est la façon-même dont on a conçu le film, que le réalisateur semble vouloir qu'on remette en cause.

Légèrement précipité et un peu imbu de ses bons acteurs, c'est un film qui sait prendre le spectateur dans le sens du poil sans condescendance.

Quantième Art

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