Le Bonnie & Clyde des années 90

Avis sur Tueurs nés

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Dès la scène d'intro, le ton est immédiatement donné : alternance entre couleurs et noir et blanc, entre 35mm et 16mm, plans obliques, longues et courtes focales, montage épileptique, délires visuels quasi-fantastiques, musique rock tonitruante et ultra-violence. Le vrai bordel psychédélique et clippesque.

Sur un scénario original de Quentin Tarantino (dont on constate sans équivoque la patte), qui reniera le film après les multiples changements orchestrés par les scénaristes, Oliver Stone va filmer de plusieurs manières différentes un road movie sanglant, satire du monde des médias qui idolâtrent les serial killers et en font de véritables stars malgré leurs antécédents...

Quentin Tarantino n'y voyait qu'un road trip éclaboussant, un écho direct au déjà génial True Romance, Oliver Stone a rajouté l'emprise des médias sur l'histoire et leur importance. L'idée est bonne, surtout en ces années 90 nourries aux sitcoms et à la consommation en masse d'images choc, et le traitement du réalisateur ne fait que rajouter du piquant à un scénario déjà bien barré.

Les Bonnie & Clyde du film sont donc Mickey et Mallory, soit Woody Harrelson et Juliette Lewis, connus pour leurs rôles sulfureux et qui sont ici comme des chiens enragés voyant des biftecks à dévorer à tout bout de champ. La gratuité du geste demeure leur poésie de dingos mus par un amour fusionnel que rien n'arrêtera.

Scindé en deux parties, la première étant le massacre en masse et la deuxième l'interview de Mickey en prison, Tueurs Nés ne peut pas plaire à tout le monde mais reste un des longs-métrages les plus barrés jamais vus sur un écran. On adhère ou on n'adhère pas mais le résultat est là : on en prend plein la gueule deux heures durant, la tête boursoufflée et les yeux drogués par le nombre incalculable de changements de plans et de couleurs vives qui agressent la rétine.

Stone ne s'arrête jamais de mettre à bout le spectateur à travers cette histoire d'amour et d'hémoglobine où tout va à cent à l'heure, une épopée violente racontant la violence peuplée de personnages secondaires tous plus dingues les uns que les autres, que ce soit un flic obstiné aux goûts sexuels extrêmes (Tom Sizemore, tout simplement génial), un directeur de prison surexcité (Tommy Lee Jones comme on l'a rarement vu) ou encore un roi des médias à sensations fortes (Robert Downey Jr., complètement allumé). Un défouloir hautement déconseillé aux épileptiques mais fortement recommandés aux amateurs de cingleries filmiques.

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