BMX bandits

Avis sur Turbo Kid

Avatar Wykydtron IV
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En 2011, un concours était lancé afin qu’un cinéaste amateur voie son court-métrage inclus dans le film d’horreur à sketchs The ABCs of death. Le gagnant avait été T is for toilet de Lee Hardcastle, mais parmi les participants, T is for Turbo avait également été très bien accueilli. Et il faut croire que ça a suffi à encourager les réalisateur à en faire un long-métrage, devenu Turbo kid.
La genèse du projet remonte donc à il y a 4 ans, mais ce long-métrage Canadien arrive au bon moment : juste quelques mois après la sortie de Fury road, de sorte que les gens comme moi, encore en manque d’aventures post-apocalyptiques, se jettent dessus.

Evidemment, je n’attendais pas à être aussi ébloui qu’avec le chef-d’œuvre de George Miller. De toute façon, les prétentions de Turbo kid sont autres. Les trois réalisateurs/scénaristes ont bien pris conscience de ce qu’ils avaient les moyens de faire ou non, l’assument, et intègrent cet aspect un peu plus modeste à l’identité du film.
Les personnages ne se déplacent pas en voitures, mais en BMX, ce qui est peut-être plus crédible comme moyen de locomotion dans un monde dévasté, puisque ça ne dépend d’aucun carburant. Ca donne par ailleurs une poursuite vraiment bête, mais très drôle.
Le héros a également un côté beaucoup plus amateur. On le voit fabriquer des armes ou des outils de bric et de broc, un coup de scotch et c’est bon.
J’ai malgré tout été très impressionné par ce que l’équipe a réussi à faire pour donner vie à cet environnement post-apocalyptique. Il y a une part de décors réels, mais également des plans larges de ruines ; on se dit qu’il s’agit d’effets spéciaux parce qu’on ne peut s’imaginer que ce soit réel, mais autrement l’illusion est parfaite.
Il y a un beau travail également sur les costumes, un élément qui m’intéresse de près. Ce que j’apprécie, c’est que les héros ont des tenues délavées, mais aux couleurs chaudes, qui contrastent avec le gris, le kaki et le marron qu’on voit habituellement dans du post-apo.
Ca renforce l’idée d’un univers de comic book, et fait écho à l’esprit fun et décalé du film.

Parce qu’après tout, là où Turbo kid se démarque principalement des autres œuvres post-apo, c’est par son caractère comique.
Le héros (qui restera sans nom) est un adolescent dans un corps de jeune adulte, un intrus dans un monde où seuls les plus forts devraient survivre (on se demande d’ailleurs comment il a tenu jusque là), et il se retrouve accompagné d’une fille complètement délurée, une vraie gamine, du nom d’Apple. L’actrice, Laurence Leboeuf, a su trouver le jeu juste, pour faire rire sans jamais agacer par l’immaturité ou l’enthousiasme excessif de son personnage. Au contraire, Apple est tellement à part que je l’ai trouvée directement attachante, et plus le film progressait, plus je la trouvais à la fois hilarante et adorable.
Autre élément qui participe à l’humour de Turbo kid : le gore, qui m’a maintes fois hurler de rire par l’originalité de certaines idées ("eyes, throat, genitals"). De plus, les effets spéciaux saignants sont faits à l’ancienne, ce qui fait forcément plaisir.
Ca rattrape les défauts des combats, plutôt mous, malgré l’énergie de la BO électro, bien 80’s.

Turbo kid est imparfait, mais c’est un coup de cœur pour moi.

PS : VHS de Crocodile fury visible en arrière-plan, dans le flou, pendant genre 2 secondes.

http://www.mediumscreen.com/2015/09/critique-turbo-kid.html

outbuster
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