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Avis sur Turbo Kid

Avatar David Huriot
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Souvenez-vous : en 2015, arrive dans la sélection de la Quinzaine des Réalisateurs à Cannes un moyen-métrage de 31 minutes, KUNG FURY, du suédois David Sandberg, petit film financé par une campagne de financement participatif (ou « crowfunding ») ; financé totalement par ce moyen, le projet arrive à tripler son objectif de départ (200 000 $) et à provoquer un gros buzz sur la toile fin 2013-début 2014, avant d'arriver sur le web fin mai 2015 assorti d'un bon maintien du buzz, bien aidé il est vrai par cette sélection cannoise.
Mais vous savez quoi ? En fait, on s'en fout un peu de KUNG FURY. Oui, car ce dernier, après vision sur YouTube, se révèle n'être qu'un grosse boursouflure bien marketée (on a même eu droit à un vidéo-clip, certes hilarant et bien meilleur que le film, de David Hasselhoff) mais au final, assez putassière, se contentant d'empiler les références à toute la pop culture des 80's de façon totalement gratuite, se reposant uniquement sur son concept pour devenir au final aussi ennuyeux et mauvais qu'un film de Robert Rodriguez.
Pendant ce temps-là, une bande de Canadiens, après s'être rodé sur des courts pendant une dizaine d'années, nous livre avec moins de bruit et de fureur que ces nullards de suédois LE véritable hommage à la pop culture des 80's. Son nom : TURBO KID.
Narrant l'histoire dans un monde ravagé par l'apocalypse d'un jeune garçon fan de comics survivant à l'hiver nucléaire en collectant des objets dans les Terres Désolées en échange d'un peu d'eau et obligé de secourir son amie Apple des griffes du maléfique Zeus, le métrage est une série B réjouissante, un idéal de film du samedi soir, mélangeant sans crainte la SF post-apocalyptique, l'action, et la romance, le tout saupoudré de geysers de sang (du vrai, pas en CGI !) dignes du travail de Sam Raimi ou Peter Jackson, le tout mixant l'univers du post-nuke et des productions Spielberg des 80's tels LES GOONIES.
Anouk Whissel, François Simard & Yoann-Karl Whissel parviennent à nous raconter malgré un budget limité à captiver son spectateur 90 minutes durant, en digérant suffisamment toutes leurs références 80's (comics book, SF à la Mad Max, productions Amblin, ou même THE WARRIORS de Walter Hill et une pincée de JACK BURTON et ESCAPE FROM NEW YORK de Carpenter) et proposant un univers complet, rempli de personnages auwquels on adhère pleinement.

Et tout ça, avec des vélos.

Et du gore.

Malheureusement, ce n'est pas TURBO KID qui a été sélectionné à Cannes.

Peut-être parce que c'est un excellent film, et sincère ; n'oubliant jamais l'essentiel malgré son côté ultra-référentiel.

Raconter une histoire.

Texte à retrouver également ici http://www.critique-film.fr/feffs-2015-retour-sur-les-jours-6-et-7-22/

outbuster
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