"La Prince, il parle pas à toi !" (sauf si tu es célibataire, blonde et jolie) #humour/guignolesque

Avis sur Un Prince (presque) charmant

Avatar Guillaume Gillon
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ALERTE SPOILER
Il était une fois, un gars qui rencontre par hasard une fille. Il leur arrive plein de péripéties, ils se fachent, mais à la fin ils se pardonnent et s'aiment pour toujours...THE END !
FIN ALERTE SPOILER

Ca c'est fait ! Maintenant que vous connaissez l'histoire d' "Un Prince presque charmant" (comme si vous ne l'aviez pas devinée), concentrons nous sur les quelques éléments qui pourraient vous donner envie de voir une comédie qui part avec un sacré handicap.
L'atout majeur est sans nul doute Vincent Perez qui, faute d'avoir besoin d'un quelconque talent pour incarner un personnage principal assez caricatural et plutôt antipathique durant la première demie-heure, réussit à insuffler un maximum d'énergie dans un film qui en a sérieusement besoin durant sa longue introduction. L'apparition d'une bouffée d'air frais nommée Vahina Giocante (charme>jeu d'actrice=moyen) au millieu de l'histoire (enfin ! ca peut démarrer...) permet aussi de relancer l'intérêt du spectateur pour cette comédie romantique qui commencait à se demander si une histoire d'amour allait bien se dérouler. Une fois le contact établi entre les deux futurs tourtereaux, et après un long décollage, le rythme de croisière est enfin atteint, l'histoire avance rapidement, et ce malgré sa stabilisation en mode pilotage automatique où scènes inhérentes au genre et évènements prévisibles s'y enchainent selon un plan de vol éculé.

En réalité, ce n'est même pas l'histoire mille fois ressassée qui pose problème ; c'est essentiellement l'aspect démago du film qui dérange.
Voici une liste non exhaustive des prises de position des scénaristes Philippe Lellouche et Luc Besson que l'on peut détecter aisément tellement ces derniers manquent de finesse :
-les grévistes, c'est tous des emmerdeurs sans coeur qui ne font que raler pour un rien.
-les riches patrons d'entreprises, ça ne pense que pognon et délocalisation.
-les adolescentes, c'est toutes des salopes qui tombent facilement enceintes et qui ne savent même pas qui est le père de leur future progéniture tellement elles couchent à droite à gauche.
-les jeunes, c'est tous des révoltés de la société qui connaissent déjà tout de la vie et peuvent se permettre de critiquer les grandes personnnes.
-les propriétaires de grosses berlines roulant au diesel, ce sont tous des chauffards qui se fichent de l'environnement.
En parlant de cette dernière "vérité" assénée au spectateur, applaudissons Renault qui a du casquer un max vu que le film ressemble à un gigantesque spot publicitaire pour la nouvelle voiture électrique Zoë tellement l'engin fait parti de la grande majorité des plans. Ceux qui trouvaient honteux les nombreux placements de produits dans des films tels que le dernier James Bond risquent de s'énerver encore plus durant la projection d'Un Prince Presque Charmant.

EN BREF : On adorerait aimer cette réalisation de Philippe Lellouche pour son couple d'acteurs vedettes énergiques et mignons comme tout et pour le charme qui se dégage par moment de l'hisoire. Mais entre le discours démagogique qui donne envie de vomir et la ressemblance à une publicité de 90 minutes pour une voiture qui fait nous interroger si les bandes-annonces sont vraiment terminées, le film est presque annihilé du minimum d'intérêt requis pour ce qui aurait pu être considéré comme un petit plaisir cinématographique coupable. Quel gachis !

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