A la fois poilant et bancal

Avis sur Un divan à Tunis

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Sous l'improbable couvert d'une psy, émigrée en France depuis de nombreuses années, qui retourne à Tunis pour ouvrir un cabinet, ce film était annoncé comme une sorte de radiographie d'une société tunisienne quelque peu déboussolée depuis son printemps de 2011, entre traditions et visions diverses de la modernité. Si l'ensemble est plutôt sympathique et tire parti d'un ton léger et de quelques gags rigolos (parfois un peu faciles, tout de même), il faut reconnaitre que, par exemple, "Hedi, un vent de liberté", sorti il y a deux ou trois ans, était, à mon sens, bien plus percutant en la matière.

Pourquoi ? Tout simplement parce que l'on a du mal à y croire, d'abord, et aussi parce que le film oscille sans cesse entre une apologie de la psychanalyse - soit, je n'ai rien contre - et une chronique de la vie quotidienne en Tunisie. Mais, du coup, ça flotte parfois un peu. Et, si le film est centré sur Golshifteh Farahani, son personnage n'est guère, je trouve, crédible. Ben ouais, elle est persane, et ça se voit à des kilomètres qu'elle n'est pas une fille du Maghreb. Ce pour quoi il ne suffit pas d'avoir la peau mate et des cheveux bruns et frisés. Ben, non.

Attention, ce n'est pas qu'elle joue mal, loin s'en faut, elle est même plutôt bonne dans un rôle pas évident à tenir. Mais, il y a un je ne sais quoi qui fait que ça ne passe pas très bien. Peut-être le souvenir ébloui que je garde d'elle dans "My sweet pepper land", en fait. Toujours est-il que le contraste culturel est par trop marqué d'avec ceux qui interprètent les natifs, des acteurs tunisiens qui prennent plaisir à jouer. Un effet, sans doute voulu par le réalisateur, mais je trouve qu'il a manqué un peu de nuance sur ce coup-là. Et la fin ouverte est un peu loupée également, même si elle est probablement censée symboliser le futur incertain de la nation tunisienne.

Ne jetons pas, tout de même, le bébé avec l'eau du bain. Si le film est sans prétention, il est loin d'être ennuyeux et semble d'ailleurs bien marcher (une grande salle comble, dimanche dernier en fin d'après-midi). On pourrait lui reprocher longueurs : passages où l'on voit Selma déambuler à pied ou en voiture sur fond musical. Cela étant, c'est sans doute le budget du film, que j'imagine contraint qui a imposé de monter de tels moments, afin de tenir les 90 minutes réglementaires du cahier des charges. En résumé, un film ni incontournable, ni désagréable.

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