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Un homme dans la foule

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Tout le monde connaît Un tramway nommé désir, Viva Zapata ! ou Sur les quais, mais dans la filmographie d'Elia Kazan « un homme dans la foule » passe inaperçu. En même temps une filmographie exceptionnelle fait facilement disparaître certains bons films qui n'atteignent pas le niveau de génie des autres. C'est le cas de celui-ci. Réalisé en 1957, peu de temps après « A l'est d'eden » et juste avant « la fièvre dans le sang », A face in the crowd avait peu de chance de faire partie de ses films majeurs.

Et pourtant il mérite qu'on parle de lui, le thème est des plus communs, il raconte la grandeur et la décadence d'un animateur télé qui va devenir le nouveau messie du petit écran. Au final, une histoire peu originale qui sera de nombreuses fois reprise et un dénouement relativement téléphoné. Pourtant, on se prend au jeu et les 2H passent plus qu'agréablement, on doit tout ça au jeu des acteurs.

En effet, Andy Griffith joue le rôle principale du mégalomane et néanmoins génial baratineur nommé Lonesome rhodes. A lui tout seul, il crève l'écran, la scène de la prison est ahurissante et pendant deux heures il mènera sont personnage jusqu'au fond de sa folie en le poussant à l'auto caricature. Il déborde d'un charisme et d'un magnétisme rarement vu à l'écran mais ce sera le seul rôle notoire de sa carrière.
En face Patricia Neal, qui pour contrebalancer avec l'exubérance du rôle principale, joue tout en finesse et retenue la marionnette amoureuse jusqu'à l'explosion finale. La direction d'acteur est parfaite et est soutenu par une direction de la photographie très classe dans un beau noir et blanc. Harry Stradling Sr a été, notamment, aussi directeur de la photographie sur soupçon de Hitchcock et Un tramway nommé désir.

Même si je regrette la prise de risque minimum au niveau du scénario, je ne peux m'empêcher d'applaudir la maestria des acteurs et la critique acerbe du monde la télévision et les déviances qu'elle entraîne. L'esprit du film se résume bien avec ce slogan affiché à la fin du film : « On ne peut faire confiance qu'à l'esprit simple de l'homme simple. »

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