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Un jour par AlexLoos

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Hollywood aime les adaptations, à défaut de nous offrir des oeuvres originales. Encore plus quand il est question d'amour. Il y a eu du mauvais, du moyen et du bon. La preuve. En 2004 sort un film au succès inattendu : N'oublie jamais. Véritable film romantique à l'état pure, succès critique et commercial, il fit pleurer un bon nombre de jeunes personnes, aussi bien filles que garçons. Culte pour de nombreuses demoiselles, il a véritablement marqué toute une année et à sa place dans les grands films romantiques, parce que disons le, il est assez excellent. Le public a pu également y découvrir Ryan Gosling (vu un an avant dans le très bon « The united states of Leland »). Depuis, il a été difficile d'avoir un film d'amour à la hauteur de The Notebook. C'est maintenant chose faite avec One Day, adaptation du best-seller de David Nicholls à qui l'ont doit Starter for ten, adapté en 2006 au cinéma avec James McAvoy. Bénéficiant d'un bouche à oreille incroyable, quoi de mieux que d'adapter au cinéma ce roman qui a réussi à charmer aussi bien hommes que femmes, surtout quand on connait le succès des films romantiques. Pour cette adaptation, les studios ont eu un choix excellent. Nicholls, déjà scénariste de séries télé, a lui même transposé son roman, et Lone Scherfig est derrière la caméra. Si ce nom compliqué ne vous dit probablement rien, cette danoise avait auparavant réalisé An Education. Même si le film n'était pas une franche réussite, la réalisation était travaillée et la photo sublime, le tout dans une ambiance anglaise parfaite.

Dexter et Emma ne se connaissent que de vue. Seulement après avoir été diplômés (et après avoir bu, beaucoup), ils passent la nuit ensemble. Elle est très coincée, et ne prend pas soin d'elle. Lui est tout le contraire, beau garçon, soigné, coureur de jupons. Et pourtant ils deviennent meilleurs amis. Sur 2 décennies, ils vont sans cesses se croiser, parfois ne se voyant plus pendant plusieurs années, mais ne s'oublieront jamais. Egalement nous ne verrons pas toute leur relation mais tous les 15 juillets (date de leur rencontre) de chaque année. A l'inverse de N'oublie jamais, l'intérêt n'est pas de savoir s'ils vont se mettre ensemble mais bien quand et comment, puisque l'on sait, à moins de ne pas avoir vu l'affiche (très Robert Doisneau d'ailleurs) ni entendu parler du film, qu'ils finiront ensemble. De plus, tous les partis pris se révèlent extrêmement judicieux. Il est fort probable que si l'histoire ne s'était pas passé sur plusieurs époques, mais sur 5 ans, le film aurait eu un intérêt beaucoup moindre. En effet, à l'image d'un Forrest Gump qui dépeint par son histoire les différentes époques des Etats-Unis, ici, Nicholls nous fait évoluer dans l'Angleterre à travers les années 80 jusqu'à nos jours. Sans pour autant se placer dans un contexte ultra réaliste comme l'avait fait Robert Zemeckis, ici nous verrons surtout évoluer la culture (et les habits qui vont avec) puisque le personnage de Dexter sera un long moment présentateur de talk show.

Mais avant d'être une histoire d'amour, Un jour est avant tout une histoire d'amitié comme il en existe tant. Cette amitié garçon-fille partagée entre le fait d'être amoureux et le fait de vouloir rester ami. Bref, une histoire que chacun d'entre nous a pu connaître. Et cette identification aux personnages est probablement la plus grande réussite du film. Ceci se voit accentué par le fait que justement, nous ne verrons la vie de ces personnages qu'un jour par an, et ce sur deux décennies. Ce choix d'écriture s'avère astucieux puisque c'est à nous d'imaginer le reste et de nous identifier encore plus. Mais malgré ça, il est évident que l'histoire est assez linéaire et qu'on devine le film assez facilement. De plus, on regrettera que tout le passage où le personnage de Dexter sombre dans la drogue ne soit pas mieux traité, car il est fort probable que vous trouverez ça assez rébarbatif. Pour le reste il n'y a rien à redire. L'absence de personnages secondaires importants et de sous-intrigues viendra laisser le champs libre à deux acteurs au top. Les fans du livre ont descendu Anne Hathaway, il s'avère qu'elle incarne avec brio Emma, cette personne peut sûre d'elle, à la fois laide et magnifique. Accompagné du beau gosse Jim Sturgess, déjà vu dans Across The Universe, malheureusement boudé par le public, la relation complexe entre ces deux personnages s'avère très vraie, juste et on peut voir une réelle alchimie et complicité à l'écran entre les deux acteurs.

Lone Scherfig nous offre encore une fois un film à la réalisation ultra lêchée et à la photo sublime, à l'image de An Education. Visiblement amoureuse du Royaume-Unis et de la France, l'ambiance romantique qu'elle parvient à faire émaner de ces décors et de ses personnages surpasse parfois l'univers créé de son précédent film, tant ses plans sont minutieusement choisis et tout est très maîtrisé. Révélant au grand public le talent de Carey Mulligan, on espère ici que l'audience saura (re)découvrir Sturgess et lui donner une seconde chance après Droit de passage. Du point de vue adaptation, même si quelques changement on été effectué, le film représente toujours la vision de l'auteur de son histoire, les fans du livre n'ont donc pas de soucis à se faire. Tout ce mélange nous entraîne dans un film romantique comme on n'en fait plus. On pourra lui reprocher d'être guimauve, c'est simplement ce que l'on appelle l'Amour. Nous plongeant dans l'histoire du début à la fin, le final est un véritable éléctrochoc pour le spectateur. Malgré un scénario cousu de fil blanc et un petit passage à vide, la relation entre les personnages et toute cette ambiance nous plonge dans 20 ans d'amour et d'amitié, à l'image de ce qu'a pu être N'oublie jamais où il a largement sa place à côté : c'est à dire dans le panthéon des films d'amour.

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