Je plains l'être qui en lui seul s'absorbe

Avis sur Un jour sans fin

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« Bientôt Noël... Cette jolie période de l'année où l'on songe plus au passé ni au futur mais rien qu'aux présents ! » Antoine Chuquet, un siècle d'écrivains.

La période des fêtes de Noël est sans doute le moment de l'année le plus propice à la prise de recul et à la méditation. On prépare des cookies à l'abri du froid sous les clignotements réconfortant de l'ancestral sapin tout en préparant notre liste de résolutions pour l'année suivante et une fois qu'on s'est rendu compte que cette baraque commence sérieusement à ressembler à une pub Kinder, on se dit qu'un bon petit film nous remettrait peut-être les idées en place...

« Debout les campeurs et hauts les cœurs ! »

Un jour sans fin est une fable sur l'épanouissement et les chemins pour y parvenir. Seulement voilà, le bonheur ça demande parfois des efforts et comme le chantait très bien Georges Brassens : « Quand on est con, on est con ». Le con en l'occurrence, c'est Phil Connors, un présentateur météo d'une chaîne de TV régionale qui se voit confier (pour la quatrième année consécutive) un reportage sur le Jour de la marmotte dans une petite ville de Pennsylvanie. À son grand dam, lui et son équipe se verront contraint de passer la nuit sur place à cause d'un blizzard. À son réveil, la neige a disparue et Phil se rend rapidement compte que la même journée se répète. Encore et encore...
Cette boucle temporelle dans laquelle il est piégé le fera passer par différents stades, à savoir : l'apitoiement puis la réaction de sale gosse profitant de la situation pour enfin l'amener, une fois usé par cette fuite sans fin, à considérer le monde qui l'entoure afin de faire corps avec. Une seconde chance qui lui fera prendre conscience que c'est con d'être un con, que chaque jour offre son lot de possibles et que l'abnégation c'est finalement plus simple à faire qu'à dire.

Personnellement ce n'est pas l'humour du film porté par Bill Murray qui m'a souvent amené à le revoir mais plutôt son ton dramatique. Tombant dans une profonde dépression dû à sa condition, le héros devient peu à peu poignant, perdu dans une ville qui lui est étrangère mais qu'il connaît paradoxalement beaucoup trop (en apparence du moins). Le rythme devient lent, nous faisant ressentir l'écoulement d'un temps d'abord nié, accepté puis embrassé par Phil qui ne verra plus une masse informe et bruyante autour de lui mais bien des individus partageant ce même temps avec lui par leur simple présence.

C'est beau, limpide, drôle et poétique. Une vraie réussite.

[Chronique Films de Noël - Fanzine Deadalus - Déc. 2019]

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