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Avis sur Un jour sans fin

Avatar Angie_Eklespri
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Encore… Encore…Encore…

Voilà le culte et inégalé, (Jour de la marmotte), sous-titré en français, (Un jour sans fin). Peut-être le meilleur pitch de tous les temps. Un high concept de malade blagueur. Un gars, (monsieur Météo), se trouve coincé dans une ville qu’il n’aime pas, avec son producteur, (Andie MacDowell), et son cameraman, (Chris Elliot), pour cause de tempête de neige. La ville s’appelle : Punxsutawney. Pour ne rien arranger, il se réveille le lendemain matin, et revit exactement la journée précédente. Encore. Encore. De quoi devenir fou. Encore ?

Ce film reste, et est une énigme. Tout le monde va le dire, même ceux qui ne l‘aiment pas. Son originalité manifeste, excuse un hermétisme farce. Hermétisme qui permet de ne rien développer du tout, au profit de la répétition du même ad vitam aeternam. Ce 2 février qui se répète sans fin, pour un Bill Murray victime de bug temporel, ça m’a fait rire au début. Et puis sentir un froid dans le dos à la longue. L’absurde ne tient debout que grâce à la comédie. Bill est en pleine forme, hilarant, il fait le show. Sauf que ni lui, ni nous ne savons pourquoi. Pourquoi ça se répète comme ça ? Il est victime d’une vengeance divine ou quoi ? Encore ?

Ce jour sans fin, ce jour sans fin, va me laisser un goût d’inachevé, et finir par ressembler au film sans fin, et accumuler les gags à répétition. Le mythe de Sisyphe pour les nuls. Sans oublier cette fin un peu happy, Hollywood chewing-gum. Qui laisse un goût fade dans la bouche, comme un bout de chewing-gum sans sucre. C’est ça le problème des high concepts. Ils sont tellement forts, qu’ils écrasent jusqu’au film lui-même, qui les met en images, puis essaie de conclure comme il peut.

Le film préféré du bouddha. Je crois. Je m’avance un peu. C’est pas grave, j’avance quand même. Le film préféré du bouddha, je disais donc. Ça a dû le faire rire, c’est  sûr cette blague. Mais pourquoi j’ai mis 8 au fait ?

Parce que je viens de comprendre un truc. Ce film fait passer sous le beau manteau de la comédie, des trucs impossibles à faire passer ailleurs, sans que ça fasse lourd exposé de philo barbant, pour ne pas dire plus. Peut-être qu’on a une leçon de vie tout court. Le gars qui se réveille toujours à la même heure, au son de la même musique, le son du réveil matin. La radio. La métro...temps enneigé. Avant d'aller pointer au boulot. Encore ? C’est à l’image d’une épreuve de vie. La routine de la vie.

 Il faut remettre 150 fois son métier sur l’ouvrage, pour parvenir à un résultat. Un résultat, un vrai, demande beaucoup. Certains athlètes, une fois leur carrière terminée, regardent leur médaille d’or, et se disent : « Tout ça pour ça ? » Et oui. Des heures, des jours, des mois, des années à répéter le même geste, jusqu’à la perfection. On n’a rien, sinon. La médaille ? C’est cadeau bonus.

  Lassée de cette vie de merde, qui se résume à une journée enneigée, il décide d’en finir. Mais. Après X suicides réussis, ce bon vieux Bill, se rend compte qu’il est devenu immortel. Exemple. Hier, il s’est précipité d’une falaise au volant du van de la production, et le lendemain, il se réveille. Encore ? Toujours à la même heure, au son de la même musique, au son du réveil matin, avec le jingle radio. Le même. Et merde alors ! [Rires] Qu’est-ce que ça veut dire ? Il rencontre les mêmes gens, et revit la même situation que la veille. Again, mon frère!

Il se dit: « Je suis un dieu. » Logique. Non. Il n’a aucun pouvoir particulier. Un dieu coincé dans un maudit 2 février, jour de la marmotte, jour de la marmotte ? Drôle d’idée pour un dieu. Vu l’état actuel de nos connaissances, ça marche pas. Alors pourquoi ?

    Ce jour qui se répète, c’est idéal pour apprendre, non ? Pourquoi ne pas en profiter pour s'améliorer? Apprendre le piano, par exemple. Ou pour affiner sa technique de drague, quand on veut séduire quelqu’un comme Andie MacDowell. Là, ça devient facile. La nana ne se rappelant de rien le lendemain, tu peux faire toutes les bourdes possibles. Prendre tous les râteaux du monde, et revenir le jour d'après, la fleur au fusil, avec forces arguments, riche des acquis de la journée précédente. Au top !
Voilà enfin une raison d’attendre demain le (même) jour, avec impatience, et d’aller se coucher confiant. Il devient peu à peu un autre homme. Oui. Devenir meilleur. Transformer sa faiblesse en force, voilà la leçon.

Et cette fin décriée, même par moi, elle ne dit rien, mais suggère peut-être que l’immortalité c’est un mirage, un piège. L’immortalité, c’est pas un truc pour nous les humains, ça nous servirait à rien. Autant cultiver son propre jardin, ici et maintenant. Conquérir la femme idéale, et construire une famille. Pourquoi pas ?

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