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Avis sur Un peu, beaucoup, aveuglément !

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Alors que beaucoup de daubes survolent le cinéma français (non je ne parlerai pas de l’adolescent de 25 ans), certains films sous médiatisés sont bien meilleurs car ils sont faits sans prétention. C’est le cas de ce « Un peu, beaucoup, aveuglément » qui m’a agréablement surpris et qui fait parti des films qui nous redonnent de l’espoir : oui des bons films français ça peut encore se faire. Voici le synopsis de « Un peu beaucoup aveuglément » :

« Un inventeur de casse-tête très investi a besoin de silence pour travailler. Il va devoir cohabiter avec une pianiste qui prépare un concours important. Cette cohabitation ne se fait que par le son."

Premièrement, je trouve l’idée de départ franchement originale. Ces deux protagonistes qui nouent une relation uniquement basée sur la parole et non sur l’apparence. On peut en déduire évidemment cette critique de la dictature de l’apparence de nos jours. Clovis Cornillac critique aussi le manque de communication des gens de nos jours, les gens sont renfermés dans la technologie et ne se parlent plus. Cette critique est visible dans la scène du restaurent où il pète un câble lorsqu’on lui propose de travailler sur une application smartphone. L’idée originale se démarque de toute comédie romantique banale qui n’est là que pour faire pleurer dans les chaumières.

Le casting de « Un peu beaucoup aveuglément » est très bon. Pour ceux qui ne connaissent Clovis Cornillac uniquement comme Asterix ou Marius Lacaille, ici vous le verrez dans un tout autre registre et vous verrez que son talent est indéniable. Il est accompagné par Mélanie Bernier, plus discrète, mais aussi excellente que son partenaire. Les second rôles sont très bons également notamment Lilou Fogli la nymphomane et le beauf Philippe Duquesne. Il est de plus en plus rare de tenir un bon casting français alors que c’est le cas ça me parait important de le souligner. Les dialogues sont assez subtils également, pas aussi subtils qu’un film d’auteur, mais ce sont des dialogues qui font réfléchir notamment sur la perception de nos cinq sens.

Clovis Cornillac réalise ici son tout premier film et il a franchement été à la hauteur. Une réalisation simple mais efficace et avec certains plans très agréables notamment les plans en écran partagé. Ceci dit, là où échoue Clovis Cornillac, c’est dans l’écriture scénaristique qui est beaucoup trop lisse. Le cheminement, l’évolution, de l’intrigue est trop basique et n’est pas du tout à la hauteur du reste du travail de Clovis Cornillac. Cela suit la trame trop simpliste d’une simple comédie romantique. Dommage d’avoir succombé à ce genre de facilités.

Pour conclure, « Un peu beaucoup aveuglément » est un film qui m’a agréablement surpris. On rit parfois, on suit l’histoire avec beaucoup d’intérêt. Clovis Cornillac encadre toute cette intrigue audacieuse avec une réalisation efficace. Un bon premier film, juste dommage de ne pas être sorti assez du cliché de la comédie romantique.

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