Méta-filmique

Avis sur Un pigeon perché sur une branche philosophait...

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J'aurai dû me méfier. Généralement, quand on écrit dans le synopsis que c'est un film qui parle de la condition humaine, c'est parce que ce n'est pas forcément évident à l'image. Parce que filmer des hommes avec un étalonnage poussé comme celui là, pour les rendre incroyablement laids, ce n'est pas filmer l'humanité. C'est filmer des pantins, qui ressemblent plus souvent à des parodies de Meursault qu'à des humains. C'est oublier que Meursault est un homme avant d'être un Étranger.

Alors certes, il y a des scènes très drôles parce que justement, voir des pantins en plan fixe agir de manière complètement inhumaine, c'est amusant. Particulièrement les trois courtes saynettes qui lançant le film, les trois rencontres avec la mort, qui donnent cependant un faux aperçu de ce qui est à venir. Car dans l'heure et demi qui suit, on rit parfois, mais surtout on s'ennuie beaucoup.

Il y a les scènes avec les deux frères, qui par leur comique de répétition et le fait qu'ils existent un peu plus que les autres personnages, parviennent à créer le rire ou un peu d'empathie, mais sinon... Si seulement il y avait eu plus de scènes géniales, incluant la musique, comme la scène de chant dans une taverne par exemple assez grandiose, et surtout, une boîte à musique de la douleur humaine, belle trouvaille scénaristique et scénique montrant que la souffrance est ce qui crée la beauté absolue. Ces scènes, ainsi que quelques passages avec le roi, parviennent à complètement hypnotiser le spectateur dans un monde où la beauté et la laideur coexistent, quelque chose de profondément humain, malgré l'artifice évident.

Mais malheureusement, les scènes de ce genre sont bien trop diluées dans ce film à sketchs d'une heure quarante, manquant globalement d'idées malgré d'excellentes trouvailles, et surtout d'un fil rouge vraiment prenant. Les deux frères ne sont quand même pas si humain que ça. Et le chant humain, que le réalisateur sait si bien sublimer, se fait hélas bien trop désirer.

Un film sur l'indifférence qui indiffère... C'est presque méta-filmique.

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