Dangerous diamond

Avis sur Uncut Gems

Avatar Thomas Fourgous
Critique publiée par le

En cette fin d’année, je me prête au jeu du rattrapage de films. Contrairement à ce que l’on pourrait penser, l’année 2020 est une année remplie de bonnes choses en terme de Cinéma. Difficile de passer après 2019 et en pleine pandémie mondiale. Mais, Sam Mendes a relevé le défi en début d’année, le vieux cow boy Eastwood également, et le cinéaste danois Vinterberg nous a émus récemment avec DRUNK, pour ne citer qu’eux. En parlant de Cinéma, il est aussi présent sur la célèbre plateforme Netflix. Celle-ci nous offre la possibilité de découvrir des œuvres tranquillement chez soi, bien que je ressente une certaine frustrationvis-à-vis de l’écran blanc de nos chers salles de cinémas qui demeurent la meilleure façon dedécouvrir un film.

L’exclusivité UNCUT GEMS, quatrième long-métrage réalisé par le duo Joshua et Benny Safdie, marque une continuité dans la filmographie des deux frères. On peut noter une affiliation avec AFTER HOURS (1985) de Martin Scorsese, ici producteur exécutif. Comme leur précédent long métrage GOOD TIME (2017), le film est un bad trip, une expérience sensorielle unique qui ne laissera personne indemne. Quel plaisir de suivre ce loser magnifique, ce joaillier mythomane interprété par Adam Sandler qui fait preuve d’une transformation exceptionnelle. Il prouve que son talent n’est pas seulement dans des comédies américaines dont il a commis l’excès.

Ce long-métrage intègre parfaitement le genre “cinéma urbain” où nous sommes, comme le protagoniste, en mouvement perpétuel, passant d’un quartier de New York à un autre sans nous laisser de répit. Tout va très vite, les dialogues fusent, on suit le protagoniste au même rythme agité. Nous aimerions parler au personnage de Howard Hartner afin de le freiner dans son parcours au fur et à mesure cauchemardesque mais aussi le soigner de son impétueuse addiction. C’est l’un des thèmes importants du film, l'addiction mêlée à l’obsession compulsive. Une véritable tension est palpable tout au long du métrage, les réalisateurs instaurent une atmosphère tendue où l’on sent que les évènements vont mal tourner. Constamment dans l’urgence absolue, les frères Safdie nous placent (spectateurs) dans une position fascinante de non contrôle total.

L’expérimenté directeur de la photographie Darius Khondji développe un travail en constante recherche artistique et esthétique, nous proposant des séquences assombries et entachées par des couleurs flashy ce qui accentue une certaine euphorie contemplative. La musique joue un rôle mystique dès la séquence d’ouverture et pendant la séquence introspective hallucinatoire digne des scènes toutes aussi folles visuellement réalisées par Gaspar Noé : ENTER THE VOID (2009), LOVE (2015).

Mon engouement ne cesse d’augmenter vis-à-vis de la jeune et prestigieuse société de production A24 qui marque, une fois de plus, sa place dans le paysage cinématographique indépendant américain. J’ai traversé ce film à la même allure que le personnage principal sans avoir pris le contrôle sur la situation, sans pouvoir déjouer ce climax foudroyant qui n’épargne personne, qui fait mal mais qui au fond était inévitable. Une mise en scène nerveuse qui offre un véritable choc physique et psychologique.

Et vous, avez-vous apprécié la critique ?
Critique lue 72 fois
Aucun vote pour le moment

Thomas Fourgous a ajouté ce film à 4 listes Uncut Gems

Autres actions de Thomas Fourgous Uncut Gems