Une gourmandise

Avis sur Under the Silver Lake

Avatar Moizi
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Très agréablement surpris par Under the Silver Lake qui est un peu une sorte de film noir moderne, une variation du Privé de Robert Altman, mais plus bizarre. D'ailleurs le film s'ouvre de la même manière que celui d'Altman, un type qui a des voisines à moitié nue. Bel environnement ! Alors certes chez Altman c'est beaucoup plus désabusé, mais là mine de rien, on est quand même face à un film où tout ne fait pas sens, peut-être même assez nihiliste, où le monde est plein de choses qui nous échappent et qui échappent au héros.

J'ai apprécié ce côté où justement on n'aura pas toutes les réponses qu'on se pose, que le film laisse des choses en suspens, on n'a pas besoin d'explications rationnelles pour toutes les petites intrigues du film, on peut imaginer, se laisser porter... et puis tous ces petits mystères qui s'accumulent participent fortement à l'ambiance du film. On est pris dans un malstrom de choses étranges qui font tourner la tête au héros et où ne sait jamais si c'est du lard ou du cochon.

Tout comme Inhérent Vice avant lui (et en beaucoup mieux), Mitchell reprend les codes du film néo-noir, on y retrouve la drogue, le sexe, la violence, le nihilisme... Le héros n'est pas tout blanc non plus, on se doute qu'il est bizarre, rien que sa manière de regarder les filles au début du film, avec des jumelles, depuis son balcon, montre déjà à quel point il est tordu.

Ce joyeux bordel, parfaitement bien rythmé, sans temps mort malgré sa durée de 2h20, arrive à capter l'attention du spectateur tout du long, sans jamais trop en faire non plus. Ce n'est pas non plus outrancier, ce qui rend le film appréciable. Parce que bien souvent lorsqu'un réalisateur veut faire du Lynch (et là impossible de ne pas penser à Mulholland Drive, déjà parce qu'on y retrouve dans un rôle très similaire, le type qui faisait des cauchemars, mais également pour l'ambiance générale) il se vautre totalement (Richard Kelly par exemple) en multipliant les lourdeurs symboliques, les trucs bizarres de manière totalement gratuite...

Là Mitchell s'en est vraiment bien sorti, sans dépasser le maître, il arrive à propose un film qui existe au-delà de ses influences et de ses références, sans perdre non plus le film de son histoire et sans que ça soit trop décousu.

Bref, c'est pas mal du tout. Moi qui avait détesté au possible son premier film, aimé son deuxième, je me dis que c'est un réalisateur à suivre finalement.

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