À la recherche du temps perdu

Avis sur Underworld : Blood Wars

Avatar Socinien
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Il y a quatorze ans sortait le premier Underworld. J'étais jeune et inconsciente, j'avais droit à des billets demi-tarif, c'était un dimanche pluvieux. C'était soit voir ça ou soit faire un commentaire composé de français. C'était donc très bien. Sans doute que découvrir Bill Nighty dans un des plus mauvais rôles de sa carrière a dû jouer dans mon appréciation. Et puis, les filtres bleus, les lentilles de contact, les tenues en latex et les manteaux de cuir exercent un pouvoir de fascination sans égal sur les jeunes âmes.

Comment aurais-je pu imaginer que, deux fois plus vieille et avec un ticket deux fois plus cher (l'âge et la crise économique sont passés par là), j'irai revenir en pèlerinage soutenir cette saga honteuse qui a quand même une sacrée qualité : celle de la pugnacité. De continuer à vouloir notre argent et nous faire rêver avec le béton d'Europe de l'Est, tout en profitant de tous les acteurs anglais de seconde zone qui viennent se faire un peu d'argent de poche en prévision du Brexit.

Du coup, si je résume, la vampire Kate Beckinsale (Emma, BBC, 1996) qui s'associe avec Kemal Pamuk (Downton Abbey) fils de Tywin Lannister (Game of Thrones) contre la traitresse Irene Adler (Sherlock) et son acolyte Arthur (Merlin) ainsi que leurs ennemis de toujours les loups-garous menés par Jack Randal (Outlander, la réalisatrice du film en a d'ailleurs fait quatre épisodes, ceci explique cela). J'ai perdu l'insouciance de ma jeunesse et beaucoup de temps à regarder des séries, tout finit par se mélanger dans mon esprit dans un assemblage grotesque digne du mémorable La Ligue des Gentlemen extraordinaires, le film qui a tué la carrière de Sean Connery.

Cela dit, être entourée de tous ces visages familiers évite de penser aux trous nombreux du scénario, de toute façon cela fait bien longtemps que j'ai oublié quelle était l'intrigue. Les scénaristes aussi, je me sens donc moins seule : qui est mort déjà ? Pourquoi cette baraque ressemble-t-elle à un château LEGO® ? Pourquoi certains vampires résistent au soleil et pas d'autres ? Pourquoi se battent-ils à l'épée alors que c'est nettement plus efficace au pistolet ? Pourquoi les loups-garous ressemblent-ils à des punks à chiens ? A-t-on bien fait d'accueillir la République Tchèque dans l'Union Européenne ?

Toutes ces années sans réponse. C'est rageant.

Mais enfin la lumière fut. Après des années à broyer du noir sur fond bleu, Kate Beckinsale trouve l'illumination : Tu dois suivre le chemin de l'eau lui répète la sorcière albinos à côté du puits. Elle comprend alors que pour aborder la quarantaine avec sérénité, elle doit se relooker après une cure thermale à Var-Dhor-les-Bains. Tel Gandalf, elle se fait des mèches blanches, fait péter la fourrure de renard polaire, apprend la téléportation et finit par désosser les punks à chien qui ont siphonné tous ces amis. Elle passe sans problème le contrôle technique et peut repartir pour cinq nouveaux films, puisque tout finit sur un cliffhanger. C'est pas très intense, donc je leur pardonne d'avance si les producteurs décident d'arrêter ici le massacre.

Moralité, pour un vampire qui prend de l'âge, c'est important de bien s'hydrater au quotidien.
On ne le répétera jamais assez. Ça, et une bonne crème de jour anti-UV.

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