Un sport loin des clichés, une ode à la famille, du rire et des sentiments, pour une bonne surprise.

Avis sur Une famille sur le ring

Avatar Rémy Fiers
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Ce long-métrage est clairement ce qu’on appelle une bonne surprise venue un peu de nulle part. Les films sur le catch, qui pourrait pourtant se positionner comme un sport à haut potentiel cinématographique comme la boxe, sont éminemment rares. Tout juste se souvient-on du chant du cygne de Mickey Rourke, brièvement ressuscité par Darren Arronofsky dans le crépusculaire « The Wrestler ». L’acteur Stephen Merchant, donc c’est le premier film en solo derrière la caméra, évite les travers principaux dans lesquels un tel sujet avec une famille de catcheurs à priori caricaturale en première ligne aurait pu tomber. Soit l’humour lourdingue et la moquerie qui n’auraient satisfait qu’une fange restreinte de spectateurs mais aussi un aspect trop documentaire et trop axé sur la discipline en elle-même qui aurait laissé les profanes de ce sport de côté. Non, avec « Catch en famille » on est dans le feel good movie à l’anglaise pur jus avec ce qu’il faut de beaux sentiments et de d’humour. Le domaine de la lutte et du catch est davantage le contexte d’une belle ode à la famille, aussi folle et peu commune soit-elle, et aux vertus de la persévérance. Tout comme dans le fait qu’il faille croire en ses rêves. Des notions certes on ne peut plus classiques mais parfaitement bien intégrées à cet arrière-plan original et caustique doublé d’un zeste de social à l’anglaise.

Dwayne Johnson est présent sur l’affiche mais il n’est même pas dix minutes à l’écran. Son titre de producteur du film, sur un sujet qui lui tient à cœur, a certainement joué dans cette mise en avant un peu racoleuse et mensongère. D’ailleurs, il ne serait pas dans le film que ça n’y changerait rien, ses apparitions étant un peu ridicule pour la première et trop belle pour être vraie pour la seconde. Mais on est dans un feel good movie alors ça passe. Le script parvient à se détourner de certains clichés (notamment avec le trio de bimbos catcheuses) sans pour autant en éviter d’autres (les entraînements à la « Rocky »). Au niveau des personnages, la plupart sont plutôt convenus si on sort des quatre membres de cette famille. Pas vraiment de seconds rôles croustillants à se mettre sous la dent mais entre le père, la mère et le grand frère, cette famille pas comme les autres emporte tous les rires, les larmes et les suffrages. Et la jeune Florence Pugh, découverte dans un tout autre registre (le drame en costumes anglais « The Young Lady »), est un premier rôle de choix et de caractère. Incarner une jeune prodige du catch féminin n’était pas chose aisée. Enfin, « Catch en famille » permet de découvrir les coulisses de ce sport/spectacle si particulier sans jamais aucune ironie mais avec un œil neutre et intéressé. Et c’est vraiment intéressant et surprenant, jusqu’à certaines joutes entre catcheurs particulièrement jouissives (le final féminin inclus). Non, vraiment, une bonne surprise et un film qui fait du bien !

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