Le Maître du suspense... comique !

Avis sur Une femme disparaît

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Un film qu'on pourrait qualifier de jeunesse, bien qu'Alfred Hitchcock eut alors près de 40 ans, tournât son seizième long-métrage parlant et s'apprêtât à quitter son île natale pour les États-Unis. Sorti en 1938, The Lady Vanishes est l'adaptation de The Wheel Spins, un roman de l'auteur britannique Ethel Lina White paru deux ans plus tôt. L'histoire se déroule en deux parties : d'abord dans un hôtel perdu dans une station de montagne d'Europe centrale où les différents personnages font connaissance ; ensuite à bord du train qui les ramène en Suisse, une fois la neige qui bloque la voie déblayée.

Montée à bord en compagnie de Miss Froy, la jeune Iris Henderson constate, en se réveillant d'une sieste, la disparition de la charmante vieille dame. Ayant reçu en gare un pot de fleurs sur la tête, elle se demande si elle n'a pas rêvé la présence de sa compagne, avec laquelle elle a pourtant pris le thé dans le wagon-restaurant. Le doute l'assaille quand ses voisins de compartiment, le personnel du train et d'autres passagers lui assurent qu'elle a toujours été seule, ou n'admettent pas se souvenir de Miss Froy. Aidé par Gilbert, un exaspérant musicien qui trouve là l'occasion de la courtiser, elle décide contre toute raison de retrouver la vieille dame, suspectant un drame ou un complot...

Film de huis-clos, film d'investigation, Une Femme disparaît est aussi une comédie. Dans la longue scène d'introduction à l'hôtel, mais aussi tout au long du film, le Maître du suspense revient constamment sur ce registre, ne manquant pas une occasion d'épingler gentiment les archétypes qu'incarnent ses personnages. Ainsi, quand on demande à des femmes de décrire la disparue, elles s'avèrent incapables de livrer la moindre description physique, mais n'hésitent pas une seconde pour décrire dans les moindres détails ses attributs vestimentaires ! Il y a également les deux gentlemen britanniques, obnubilés par un match de cricket au pays qu'ils sont en train de manquer, qui ne se départissent jamais d'un flegme so British caricatural, même lorsque l'action devient physiquement dangereuse. Enfin, les personnages étrangers - italiens, allemands, etc. - sont dépeints avec les gestes, les attitudes et les accents correspondant aux clichés en vigueur.

Illuminée par un excellent duo d'acteurs principaux (Margaret Lockwood, charmante, et Michael Redgrave, sympathique hâbleur) et une galerie de personnages secondaires truculents, l'heure et demie que dure le film passe à une vitesse folle, sans ennui, avec de multiples rebondissements et un dénouement heureux. Un Hitchcock vraiment étonnant et savoureux !

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