La vie à l'envers

Avis sur Une nuit

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"La nuit, c'est la vie à l'envers", explique Simon Weiss, commandant de police à la Mondaine, à son chauffeur d'un soir, la sous-brigadière Laurence Deray. Cette simple phrase résume l'esprit du film tout entier, qui dévoile l'envers du décor parisien. Loin des lumières étincelantes et des paillettes, Une nuit nous entraîne dans les arrière-cours glauques de la ville. Boîtes de nuit clinquantes, putes et dealers, avocats véreux, taxis crapoteux, travestis flamboyants, trafics en tous genres et pas grand-chose de propre : voilà le programme.

Plantée derrière l'épaule d'un Roschy Zem épatant - taiseux, anguleux, dangereux avec élégance -, au rythme d'une bande originale discrète mais entêtante, la caméra de Philippe Lefebvre filme le Paris nocturne avec une certaine classe. Le dispositif scénaristique, qui nous entraîne d'un rade à un autre en faisant progresser le récit par sauts de puce, est un peu répétitif, d'autant que l'intrigue est au final assez convenue. Magouilles, trahisons, coups en douce : des ingrédients connus de film noir racé, ce qu'est Une nuit au bout du compte, sans surprise mais solidement.

Samuel Le Bihan peine un peu à s'élever à hauteur de Zem, la marche était haute. Sara Forestier en revanche se sort bien d'un rôle ingrat. Le reste du casting, festival de tronches et de voix typiques du cinéma de genre français (on en a déjà croisé certains chez Olivier Marchal, par exemple), assure le boulot.
Et la fin réserve une petite surprise, que dans mon souvenir j'avais transformé en plus grosse entourloupe. Comme quoi, parfois, on idéalise. D'entourloupe il n'y a pas, mais une conclusion assez habile à une nuit pas comme les autres, oui. Cela suffit à faire le job.

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