L'enfer, c'est les autres moi...

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(Micro critique flash, 1er jet pour ne pas perdre les idées, forme à revoir)

Visuellement (et auditivement) réussi (ça lui fait gagner un point, parce que j'étais parti pour mettre 5) avec de jolis effets de styles et de mise en scène pour représenter la dualité, l’ombre et la lumière, ou encore le remplacement, l'usurpation d'identité.

(Mais, encore une fois, je ne supporte pas ces plans filmés à la demi bonnette, j'en avais déjà parlé dans ma critique de Warlock 2, je trouve le résultat dégueulasse... Surtout qu'il n'est plus du tout obligatoire de ressortir cet objectif en 2019 pour obtenir le même effet (en mieux), à moins de vouloir se la jouer artiste incompris: un fond vert, un détourage sur ordinateur, et hop, on a second plan et premier plan nets, sans avoir une grosse bordure floue toute crade... En plus, ici, il s'agit d'une discussion entre 2 "clones", il y a donc forcément truquage, la demi bonnette est juste superficielle...)

je reste néanmoins assez circonspect concernant ce second essai de Jordan Peele (le premier, bien que sympathique, méritait-il déjà une récompense aux Oscars?)... Notamment à cause des règles que le film installe et qu'il ne semble pas toujours respecter, ainsi que des diverses incohérences liées à l'intrigue... Attention, spoilers!

-Pourquoi les clones bougent comme des bêtes sauvages en début de film? Ok, ça rajoute au mystère, mais rien ne justifie ça, ils étaient pas loin de courir au plafond...
-Pourquoi l'original a tant de difficultés à parler? Curieux de perdre la faculté du langage en étant kidnappé à 10 ans... Idem pour l'autre, comment oublier l'entièreté de son passé? Rien ne l'explique...À part un twist final que l'on voit venir dès la 5ème minute du film, on sait que ça finira sur un "qui est qui?" plus ou moins subtil...
-Si quand un individu apprend à danser ou à courir le marathon, l'autre l'apprend aussi, pourquoi ça n'est pas pareil dans tous les domaines? Ça fout un peu en l'air la notion de partage de l'âme expliquée en fin de film...
-Pourquoi certains personnages agissent PAR moments en mode miroir (comme les gamins avec les masques, mais aussi les gamines au début du film qui se rencontrent finalement après avoir franchi le "prédicateur 11:11", faisant office de miroir qui sépare les 2 reflets)?
-C'est cool visuellement et passe encore pour les tenues (quoique...), mais Où les clones ont-ils trouvé TOUS ces ciseaux s'ils ont été livrés à eux-même depuis des décennies? Comment se sont-ils nourris? Personne en 30 ans n'a été au bout du couloir pour prendre l'escalator sans le moindre vigile ou, à contrario, n'est entré dans cette attraction de fête foraine gratuite et n'est descendu au fond du terrier des lapins blancs/cobayes?
-Sur le plan final, vous laissez entendre que l'intégralité de la population US a été clonée? Sacrées infrastructures souterraines, dites donc... Ça aurait touché un petit village touristique, d'accord... Mais là, avec votre plan final...
-Le but de ces clonages, c'était l'État qui voulait Contrôler la population en agissant sur les clones connectés si j'ai bien compris? C'est ça? Et quand ils ont compris que l'idée était foireuse, ils ont plié bagage et laissé le site tel quel, sans surveillance? Vraiment? Il aurait été pourtant simple de filmer une mutinerie de quelques secondes expliquant pourquoi il y a eu rencontre en 1986, puis évasion en 2019...

Quant au message du film:

J'ai vu/lu une ou deux critiques, et les gens ont systématiquement sauté à pieds joints dans le message le + bateau qui soit: "Ton pire ennemi, c'est toi-même"... Personnellement, je n'ai pas du tout compris le film comme ça: je pense que ce que le réalisateur voulait évoquer, c'est l'impact d'un environnement sur la construction d'un individu.

Car même s'il s'en sert pour la forme (ce qui rend le tout plus attrayant et visuel pour un film d'angoisse), ce qui intéresse Jordan Peele sur le fond, ça n'est pas la psychanalyse, mais les problèmes de société, les injustices sociales et après sa mise en avant du racisme latent dans Get Out, cette fois, il s'attaque aux ghettos défavorisés et violents, plus propices à engendrer des délinquants que des citoyens modèles. Ainsi, deux individus strictement identiques (ici, des clones, on ne peut pas faire + identiques) pour deux destins complètement différents, et ce même si l'on intervertit clone et original. Le speech de la mère "maléfique" sur les repas chauds et Noël résume à lui seul tout cela (On ne saura jamais s'il faut le prendre au premier degré d'ailleurs... Quel serait l'intérêt pour l'Etat (ou l'organisation qui gère tout ça) d'offrir aux gosses des jouets fabriqués avec des lames de rasoirs?)

Mais s'il n'avait tenu qu'à moi, pour porter le même message, j'aurais + tourné les explications du film du côté de l'expérience sociale un peu perverse comme on en faisait dans les années 30-40-50-60: Une ville échantillon dont tous les habitants sont des vrais jumeaux séparés à la naissance, les uns élevés dans des familles modèles, les autres sans amour dans des labos chelous... On enlève juste la notion "ta gueule, c'est des clones, ils partagent la même âme, tu peux pas comprendre", et on la remplace par "il est prouvé scientifiquement que les vrais jumeaux partagent des choses qui nous échappent, même lorsqu'ils sont séparés à la naissance"... Des notions d'inné et d'acquis, en somme...

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