Critique de V/H/S/2 par Zogarok

Avis sur V/H/S/2

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Suite de V/H/S, buzz de 2012, celui-ci balaie son prédécesseur selon l’opinion générale. Comme lui, qui fut introuvable puis diffusé progressivement dans les festivals et abondamment cité par les sites spécialisés, V/H/S 2 est une véritable légende urbaine. Il s’agit d’un nouveau found footage, un de ces faux-document réaliste en caméra subjective. La franchise naissante se dessine sous la forme de films à sketches. Ici des voleurs professionnels découvrent des vidéos chez un trafiquant ; et cette fois ce n’est pas du simple torture porn ni du snuff. Les petits films contiennent en effet de pures aberrations anthropologiques (des zombies en furie) et déviances à la réalité (les apparitions, parfois non-humaines, sont de la partie) – alors que le principe du found footage revendique justement de filmer la réalité sans trucages, si crue et monstrueuse soit-elle pour combler les attentes du public.

Film en quatre temps donc (tous signés par une éminence ou un faiseur typé de la galaxie horrifique), avec l’intrigue de lien servant d’entracte, probablement pour que les fans aillent reprendre leurs esprit en rechargeant le compteur de bières et fantasmant sur la suite. Le premier opus, avec son postulat inouï, rapidement redondant et crétin, s’achève en mode Iskanov. Le second adopte le point de vue d’un mort-vivant contaminé en action. Intrusion dans une secte, le troisième partira vers un massacre délirant. Avec ses extraterrestres agressant de jeunes kékés, le dernier segment couronne ce déni de toute congruence.

V/H/S 2 est une baudruche gore et morbide au possible, un truc d’ados et de légers tarés obsédés par le barbaque et l’absurde. Ne pas le dire ce serait simplement ignorer son caractère. On s’ennuie légèrement et finit par pester contre autant de brutalité sommaire ; en même temps, il y a de vraies démonstrations d’horreur, une pureté dans le trash et le happening underground (l’attaque d’un anniversaire d’enfants par les zombies). Pas de nuance, pas de double sens, toujours un premier degré parfait, y compris dans l’aberrant. Ça en fait une curiosité. Certains y voit déjà un futur classique ; peut-être certains de ses exploits peuvent sembler anthologiques (les visions démoniaques du troisième opus peuvent plaider en ce sens). Mais en dernière instance, V/H/S 2 ne laisse rien d’essentiel ou de persuasif. Juste une débauche sinistre digne d’un Guinea Pig.

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