Posey.

Avis sur Valley of Love

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En plein sous un soleil de plomb, tapissé de rochers et autres plaines désertiques, semble se dresser la force des éléments dans une atmosphère totale.

Difficile de savoir ce qu’est « Valley of Love », des retrouvailles entre deux grands noms du cinéma Français, un hommage à Maurice Pialat (le film est produit par sa veuve, Sophie), ou bien la déclaration d’amour de Guillaume Nicloux envers la mort, dédiant au passage le film à son père.

L’histoire est d’une simplicité sidérante. Dans une petite Amérique, en proie à d’intenses chaleurs, un homme et une femme, anciennement mariés, se retrouvent suite à la réception de lettres venant de leur fils Michael. Il s’est suicidé d’après ses mots, et appelle ses parents, pour qu’ils se trouvent à un point précis, un tel jour, dans la Vallée de la mort.

L’ambiance languissante du long métrage se fait d’entrée, avec un long plan séquence, de dos, sur une femme qui marche sous l’anonymat, accompagnée d’une musique sublime. On comprend que le théâtre auquel nous assistons ne nous caressera pas dans le sens du poil, qu’il sera presque froid, long. L’éternité est comme une proie, happée par le mystère et la pudeur, et « Valley of Love » y trouve sa sagesse, sa beauté, sa grâce. Passant la nostalgie de retrouver le duo de « Loulou », ce film du même Maurice Pialat. Le mystère d’une rencontre qui semble s’effectuer pour la première fois, deux personnes maudites qui se frottent à la superstition, à la spiritualité, et surtout à l’amour, au vrai, au poétique chemin de la résurrection et des énigmes de l’au-delà.

Passer la séduction, l’errance de la beauté sur l’atroce chemin de la vieillesse, la même que celle qui ravage les carrures des deux comédiens qui semblent interpréter leur propre personne. Poétique serait le mot. Filmer l’invisible et prouver que lucidité rime avec folie, que la simplicité dissimule la métaphore d’un chemin sans retour, au milieu des montagnes. Façonné par une immense richesse, le naturel de Gérard Depardieu et Isabelle Huppert explose sous la divinité de leur personnage, filmés d’un regard réaliste, dépaysé et apaisant, « Valley of Love » est pratiquement planant, totalement aérien, lent, chiant, mais survole un délicieux gout de jamais vu. Faisant par ailleurs automatiquement penser à « Gerry » de Gus Van Sant.

Si il peu être vu comme brouillon (là est son seul défaut), « Valley of Love » dispose d’une sincérité que l’on ne peut nier. Entre l’humour et la douceur totale, car la vie vaut d’être vécue, ce final sonne comme le dernier souffle de la passion.

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