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Un vampire récalcitrant.

Avis sur Vampires

Avatar Errol 'Gardner
Critique publiée par le

Décidément, certains films vieillissent vraiment mal. C'est le cas ici de ce Vampires d'un Carpenter qui signe là l'un de ses moins bons films, lui qui avec ses sommets du tout début des années 1980 s'était pratiquement marié pour toujours avec la cinéphilie. Paradoxalement, je suis assez attaché à cette semi-bouse, sans doute est-ce dû à la présence charismatique d'un James Woods, vulgaire et cynique comme il faut (et qui pourtant n'est déjà plus trop à son avantage), engoncé dans un jean's trop large pour lui, mais peut-être aussi parce-que le film me semble propre à cette ambiance douce amère de fin de soirée d'un samedi, faite de mauvaise bière et d'un hamburger maison. Et dans ce genre d'ambiance, on bouffe un peu tout et n'importe quoi. En dehors de quelques éléments intéressants, ce film qui m'avait tout de suite plu lorsque je l'avais vu la première fois me paraît aujourd'hui franchement daté, tant les effets spéciaux ont fait du chemin depuis 20 ans. Le scénario, bien qu'un peu poussif, passe encore. Les acteurs font le job, Woods donc, mais aussi un frangin Baldwin qui ne s'en sort pas trop mal. En fait, ce qui renforce mon sentiment d'amertume à la revoyure, c'est cette impression que l'oeuvre est vraiment brinquebalante, faite de bric et de broc, donne l'impression que c'est du toc, la faute étant que le budget semble aussi très limité. On est carrément dans de la série B. Carpenter donne l'impression qu'il faut se dépêcher de tourner, de filmer. En fait c'est le montage qui est chiant : la plupart des scènes d'action, pourtant assez inspirées (le début et la fin), sont faites d'un assemblage douteux de plans liés, enchevêtrés les uns aux autres par des fondus embrouillés, rendant confuse la lisibilité. Et ce grand méchant vampire récalcitrant qui avait un minimum de grâce et d'élégance, se fait avoir à la fin comme un bleu, ce qui au regard de l'incommensurable puissance qu'il affiche tout au long du film fait office de farce.

Devant l'attente du spectateur d'assister à un combat final époustouflant, Woods, dans un désir brûlant d'en finir une bonne fois pour toute face à une invincibilité vieille d'au moins 500 ans, se jette comme un rugbyman dans un poteau de bois soutenant faiblement un toit. Le rayon ardent du soleil de l'aube est fatal au grand vampire racé. Sa peau diaphane rôti subitement et des jets de chalumeaux giclent par tous les pores de son corps déjà mort. Quel pied de nez... Clap de fin. Il est temps de remballer les bobines, on range, bras d'honneur au spectateur. C'est décidément baclé tout ça.

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