Golden Moustache

Avis sur Vijayendra Varma

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Quelque part en Inde, un petit gros amnésique, qui a volé les cheveux de Dick Rivers, se révèle être un super combattant du terrorisme et du mal en général.

Il est impossible de décrire Vijayendra Varma en un mot. À l'inverse, s'il fallait en choisir un qui ne correspond absolument pas au film, ce serait "subtilité".
On commence par faire connaissance avec le bad guy, un terroriste pakistanais vraiment pas très sympa puisque après avoir buté une armée entière (au ralenti s'il vous plaît), il jette sa femme d'un hélicoptère. Puis, pendant qu'elle chute en remuant les bras et en hurlant sur une incrustation dégueulasse, le gars ne trouve rien de mieux que de lui tirer dessus à la mitraillette. Une scène qui résume bien les intentions du film qui met les pieds où il veut, et c'est souvent dans la gueule.
Plus tard, on découvre le héros du film en train de gravir une falaise, comme un certain Tom Cruise, n'hésitant pas à faire des sauts de huit mètres pour aller sauver... un lapin. Puis il redescend dans son village et arrête un camion qui se dirige inexplicablement vers un groupe d'enfants. Il l'arrête avec ses bras et des bambous. Bref, on a ici affaire à la crème de la crème côté héros valeureux. Intègre, surpuissant, rigolo et tellement séduisant. Du moins c'est le point de vue des autres protagonistes du film car l'acteur principal a davantage le physique de Danny DeVito que de Daniel Craig.

Le film dure 2h40. Et pourtant, il ne traîne jamais en longueur. Pire, il semble parfois se dérouler en accéléré. Les scènes les plus improbables et hypnotiques s’enchaînent sans temps mort. Allez, dans le désordre on va avoir droit à des scènes de guerre, de la comédie romantique, du drame familial larmoyant, des bagarres et poursuites ahurissantes, des explosions, du thriller politique, du comique de boulevard ("Ciel, mon mari !"), de l'ésotérisme racoleur, des retournements de situation à la pelle et les fameuses séquences musicales caractéristiques de Bollywood (qui se déroulent fort logiquement dans les Alpes suisses). Après avoir vu ça, n'ayons pas peur d'affirmer que l'Inde a inventé le cinéma total, somme de tous les genres dans une soupe d'incongruité décomplexée.

Il faut revenir un peu sur les scènes d'action. Clairement influencées par le cinéma américain, on est ici dans une exagération systématique des mouvements et des péripéties, un peu à la manière de certains mangas ou séries Z des années 80. Les effets numériques craignos en plus. Le moindre coup de poing fait propulser le type dans les airs après trois rotations sur lui même, les voitures semblent êtres montées sur ressort et notre héros bedonnant maîtrise le bullet time de Matrix à la perfection.

Ayant vu le film en VO sous-titrée en anglais et n'étant pas un expert géopolitique de la région, il est possible que je sois passé au travers de certains pans de l'histoire. Mais il m'a semblé évident qu'on était dans une propagande anti-Pakistan primaire.

Bien aidé par une réalisation qui semble avoir poussé à fond tous les curseurs du mauvais goût, Vijayendra Varma laissera ses spectateurs lâcher des "Noooon ... !?" toutes les deux minutes. Rien est à jeter dans ce film. Ou bien tout est à jeter dans ce film. Question de point de vue.

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