Ou comment s'est écrit "Orlando" ?

Avis sur Vita & Virginia

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Tout comme l'a récemment fait Colette, Vita & Virginia retrace la passion sulfureuse d'une femme en avance sur son temps, aux valeurs artistiques avant-gardistes et pionnières. Pour son deuxième long-métrage, la jeune réalisatrice Chanya Button s'attaque à un sacré morceau : l'histoire d'amour intense entre l'auteure Virginia Woolf et son amante aux sentiments volatiles, Vita Sackville-West. Bien que l'action se déroule dans les années 20, le ton ne s'engluent pas dans le passé mais se veut contemporain ; que ce soit par des notes électros dans la bande-originale ou par des entretiens épistolaires filmés face caméra. Parfois maladroite et trop cérébrale, la mise en scène tente tant bien que mal de témoigner de l'extraordinaire de cette relation en avance sur son temps. L'émancipation sentimentale et artistique de cette femme à contre-courant des normes que la société lui impose est un modèle à bien des égards. Malheureusement, le film prend tellement de temps avant de rentrer dans le vif du sujet que ce portrait s'ouvre de façon très contemplative et distanciée. Mais très vite, le talent de ce tandem d'actrices suffit pour nous toucher et pour questionner le non-conformisme de cette histoire. Gemma Aterton est magnétique et envoutante face à Elisabeth Debicki qui délivre un jeu éthéré et intense. La plupart des scènes sont un peu trop larmoyantes et tragiques à mon goût. Et le rythme irrégulier a tendance à aseptiser l'ensemble. Mais Vita & Virginia a le mérite d'être servi avec une dévotion totale, subtilement palpable, et rend hommage à une figure littéraire imposante et influente de l'ère féministe actuelle.

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