Sim City 2k19

Avis sur Vivarium

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Pendant toute la projection, il m'est arrivé un truc gênant et fâcheux comme avoir la chiasse dans un ouibus pour Kiev où les WC seraient condamnées. En effet, que ça soit le sujet, la façon de diriger les acteurs, ou bien même le cadre et la photo, je ne pouvais pas m'ôter du crâne l'excellent Zoo d'Antonio Tublen. Ainsi, quelle ne fut pas ma joie et mon soulagement lorsque le générique apparut et dévoila le nom que je viens de mentionner en tant que producteur (avec Alexander Brøndsted qui est aussi producteur de Zoo).

C'est la crise partout et le logement est un terrain universel de fissdeuputrie. Cela en fait un excellent terreau pour un récit fantastique. Tellement fertile que j'ai l'impression que c'est le thème tacite de la vingt-cinquième édition de L'Étrange Festival dans lequel ce film est programmé.

Le cadre très léché avec pas un poil qui dépasse, une colorimétrie travaillée couplée à une lumière singulière et angoissante, l'étrange comme prétexte pour évoquer les relations de couple. Toutes ces choses qui m'ont plu dans Zoo se retrouvent aussi dans Vivarium. Plus le récit progresse, et plus la tension monte. Nous passons des rires à l'effroi comme en tournant un potentiomètre qui contrôle le volume d'une chaîne hi-fi.

Le film réussi à faire beaucoup avec peu. Je pense notamment à ces effets spéciaux réalisés sur Paint qui finissent par servir complément la narration en renforçant le côté cheap de ces maisonnettes et leur caractère copié/collé.

Je pourrais parler longuement des divers symboles présents dans le film. Les relations homme/femme, le partage des tâches liées au foyer, le fait de de fonder un foyer et de s'engager, le consumérisme effréné dans lequel nous nous nageons, vivre pour travailler ou travailler pour vivre, le conformisme ambiant. Bref, j'aurais adoré être bloqué dans un ascenseur avec le réalisateur.

J'ai également beaucoup apprécié l'idée que chacun fait son trou qui finit par être sa tombe.

J'aimerais m'arrêter quelques instants et commenter la prestation du couple Poots / Einseberg. Dans ce genre de long-métrage en huis clos, le casting peut faire capoter ou marcher le concept. Ici, ça marche plutôt bien. J'imagine qu'il y a beaucoup de vécu qui s'est inséré dans l'écriture de ces personnages tellement chacun peut s'identifier. Au début nous sommes amusés par ces jeunes gens pleins d'énergie et d'avenir devant eux, puis touchés par ce qu'ils vivent.

Pour ma part j'étais très ému par le dernier quart heure.

J'espère de tout cœur que le film trouvera sa voie en salle car il mérite de rencontrer son public. J'ai vu que c'était Le Joker qui avait saisi les droits, a.k.a le distributeur qui choisit de sortir Dirty God au cinéma mais de garder Freaks pour d'la fukin VOD. C'est comme les types qui continuent de demander ketchup-mayo dans leur grec : incompréhensible.

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