Et Dieu créa les brunes.

Avis sur Volver

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Je voudrais démarrer par une petite confession: j'ai un peu honte de l'avouer mais je viens de découvrir que Penélope Cruz était une vraie actrice.

Eh ouais, ça m'apprendra à regarder des films américains.

Volver est le premier Amodovar que je vois en intégralité (allez y insultez moi, j'aime ça), et je suis agréablement surpris par les sensations que m'a procuré le film; toutes nouvelles pour moi qui étais jusqu'à présent étranger au cinéma du réalisateur espagnol.

Volver est un film caméleon, un film riche, audacieux, à la fois extravagant —car emprunt de féminité— et sobre, dramatique et léger. Il peut se targuer de revêtir des éléments empruntés à la comédie, au film noir, au fantastique et au drame familial, avec une fluidité et une cohérence remarquable. J'ai pourtant cru à certains moments que l'histoire me perdrait, et chaque fois un élément a su recapter mon intérêt, et ce grâce à un scénario très bien écrit qui arrive à construire une trame de fond émouvante tout en jonglant avec les genres et les intrigues.

Evidemment, Volver puise aussi sa force dans l'interprétation. Car il s'agît avant tout d'un film choral, portrait(s) de femme(s) toutes magnifiques, terriblement humaines et superbement interprétées par une poignée d'actrice irréprochables. Vous l'aurez compris, mention particulière à Penélope Cruz, que j'avoue avoir véritablement découverte dans le rôle de Raimunda. Comme beaucoup, je l'ai apperçue dans divers rôles aussi dispensables qu'oubliables gracieusement offerts par l'industrie du cinéma hollywoodien. Ici Almodovar m'a fait poser les yeux sur l'une des plus belles femmes de cinéma de ces dernières décennie.

Je n'avais pas soupçonné qu'une telle actrice, servie par un tel rôle, pouvait encore hanter mes rétines bien après le visionnage d'un film. Au milieu de toute cette merde cinématographique actuelle, au milieu de ces poufs people vulgaire et teintes, au milieu de ces personnages féminins ternes et asservies, au milieu de ces héroines en poudre pseudo pro féministes, au milieu de ces conasses de pubs pour parfum.

Cette brune.

Ces grands yeux.

Ces larmes.

Ces nich.... Pardon.

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