...mais je ne suis pas sûr que vous soyez épatés.

Avis sur Vous n'avez encore rien vu

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Le problème avec les grands cinéastes âgés, c'est qu'on leur doit le respect. L'admiration que l'on a éprouvé lors de leurs grandes années se doit d'être toujours présente, même sur les oeuvres tardives dans lesquelles on trouvera toujours des points d'accroche pour la dithyrambe. Alain Resnais en est la parfaite illustration. 90 ans, une multitude de grands films derrière lui, chaque nouvel opus est l'occasion pour la critique de célébrer ce maître du cinéma même si l'oeuvre est mineure (oui, il y en a eu ! "Les herbes folles", son précédent long-métrage m'a laissé le souvenir d'un film poussif et sinistre).
Pas vraiment appâté par les photos peu alléchantes qui ont squatté la presse ces derniers jours et pas vraiment désireux d'assister à une représentation d'une pièce vieillotte de Jean Anouilh, je me suis tout de même rendu en salle pour vérifier si "Vous n'avez encore rien vu" était aussi prometteur que le titre le laisser sous entendre.
Réunie dans une grande salle aux canapés noirs, une pléiade de comédiens est convoquée à une sorte de veillée, hommage à un metteur en scène décédé qui les a tous dirigés dans les deux Eurydice qu'il a monté lors de sa carrière. Assistant à la projection d'une ultime et nouvelle version de cette pièce, notre aréopage de stars vieillissantes se prend au jeu du théâtre et du souvenir. Les répliques leur revenant en mémoire, ils nous la rejouent en retrouvant les élans de leur jeunesse un peu disparue. Quand je dis "ils", je devrai dire "certains nous la rejouent", car hormis Sabine Azéma, Pierre Arditi et Mathieu Amalric, les autres ne font que que lancer quelques répliques (Lambert Wilson et Anne Consigny et un peu Anny Duperey) voire font de la figuration même pas intelligente (là, je ne cite personne pour ne pas blesser).
On nous dit partout qu'Alain Resnais est toujours aussi génial, facétieux et joueur. C'est vrai, il réussit à filmer le théâtre d'une manière totalement originale, mélangeant les acteurs, jouant avec les décors et avec l'écran, divisé parfois en deux voire en quatre. C'est créatif mais cependant, au delà de ce côté ludique revendiqué, l'exercice ne m'a guère convaincu.
Tout d'abord, cette idée de vouloir remettre en valeur des pièces démodées se révèle de l'acharnement, de la torture pour le spectateur. Il nous avait déjà fait le coup avec Henri Bernstein et "Mélo" ou avec l'opérette et "Pas sur la bouche", à mon avis pas ses meilleurs films. Je le préfère quand il s'attaque à des sujets ou des oeuvres plus contemporains ("Smocking/no smocking" ou "On connaît la chanson"). Ici, malgré le dépoussiérage et l'originalité de la narration, une pièce datée reste une pièce datée. Et ce ne sont pas ses habituels comédiens, aussi bons soient-ils, qui parviennent à redonner du lustre à un texte ampoulé.
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